Les clubs sanctionneront les supporters: l'Union belge mitigée

Supporters FC Brussels-Club de Charleroi
Supporters FC Brussels-Club de Charleroi - © WALSCHAERTS FRANCOIS - Belga

Les clubs belges de football auraient bientôt une nouvelle prérogative : sanctionner les supporters violents dans les stades. Une proposition de loi sera en effet débattue en séance plénière du Parlement la semaine prochaine. Nico De Pauw, reponsable de la sécurité des stades à l'Union belge de football, a répondu au questions des internautes ce jeudi.

Les supporters indisciplinés pourraient se voir directement infliger par le club des sanctions, telles la réparation des dégâts occasionnés ou le nettoyage des tribunes. La police et la justice n'interviendraient pas dans le processus.

Est-ce que les clubs pourront assumer de telles tâches ? Avec quels moyens contrôler l'application de la sanction ?

L'Union belge de football a été consultée sur une première version de la proposition de loi. Mais elle n’est pas au courant du texte final adopté par la Commission Intérieur de la Chambre. "A cet instant les modalités doivent encore être déterminées",  précise Nico De Pauw, responsable de la sécurité des stades à l’URBFA (Union belge de Football).

Une loi qui va coûter cher

Trois points font apparemment partie de la proposition de loi : l’extension de la " loi football " (loi qui détermine les règles de sécurité dans les stades) au clubs de Division 3 ; la suppression de l’enceinte intérieure dans les stades ; et la possibilité de sanctions alternatives pour certaines infractions.

Mais l’Union belge de football ne semble pas très emballée par ces changements. Elle attend l’arrêté royal qui va préciser les modalités des sanctions alternatives, mais d’ores et déjà, Nico De Pauw exprime sa crainte que cette future loi n’engendre plus de problèmes que de résultats positifs. "L'extension intégrale de la loi football vers les clubs de Division 3 coûtera beaucoup d'argent pour le club et pour les autorités locales", estime-t-il.  En effet, ce sera une contrainte financière, en termes de formation et d’équipement, que des petits clubs ne pourront pas assumer.

Nettoyer les vestiaires de son équipe sera valorisant

Nico De Pauw n’est pas seulement réticent sur ce point. La possibilité de mettre en place, par les clubs, des sanctions alternatives suscite également son inquiétude : "Les sanctions alternatives vont coûter du temps pour suivre les personnes sanctionnées". Mais il craint surtout que celles-ci ne soient pas assez efficaces ou dissuasives : "Actuellement nous pouvons dire que le système des interdictions de stade fonctionne très bien en Belgique, (et) cette sanction alternative doit être d'application pour un certain nombre de sanctions, pas pour des infractions graves".  Il estime que certains supporters violents verront dans ces mesures plutôt l’aspect valorisant. En effet, nettoyer des vestiaires d’une équipe dont on est fan, serait dans ce cas loin d’être une sanction.

L’Union belge de football juge  par ailleurs positivement la situation actuelle dans les stades : "Sur base d'une collaboration efficace avec les différents partenaires chargés de la sécurité lors des rencontres, nous pouvons dire que la situation s'améliore bien".

Il admet cependant que, si le but principal est de diminuer les services d'ordre lors des matches de football et donner plus de pouvoir à l'organisateur, (…) les sanctions alternatives doivent être limitées à un certain nombre de cas bien spécifiques."

W.F.

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK