Inscriptions en logopédie: "Les Belges n'étaient pas conscients de l'ampleur"

Jeudi dernier, des étudiants français avaient déjà passé la nuit devant l'école Marie Haps, à Bruxelles.
Jeudi dernier, des étudiants français avaient déjà passé la nuit devant l'école Marie Haps, à Bruxelles. - © RTBF

Des futurs étudiants qui font la file des heures durant, certains qui dorment devant les portes des Hautes écoles: la période des inscriptions est parfois un exercice périlleux pour les écoles.

Certaines options, telles la médecine, la dentisterie et la logopédie, sont prises d'assaut. Souvent par des étudiants étrangers, majoritairement français. Est-ce que cela a une incidence sur la qualité des cours? Est-ce que les étudiants belges sont lésés? Pourquoi ces étudiants préfèrent étudier en Belgique?

Michel Seron, chef du département de logopédie à l’Institut Marie Haps à Bruxelles, a répondu ce mardi aux nombreuses questions des internautes.

Appel au Ministre

Les Hautes écoles et les Facultés universitaires concernées se retrouvent devant un casse-tête à chaque rentrée universitaire. Combien d’étudiants peuvent-elles, compte tenu de leurs capacités, accepter ? Comment garantir une bonne formation à ceux-ci ?

Michel Seron précise que les établissements n’ont aucune marge de manœuvre dans l’état actuel des choses.

Les étudiants, non-résidents,  qui se présentent pour suivre des études de logopédie, savent que le décret qui limite leur inscription est levé. Ils font face à une sélection par examen d’entrée en France – où seuls 5% des candidats sont retenus à l’examen d’entrée selon Michel Seron. Ils se présentent donc le plus tôt possible dans les établissements  belges. 

A cause du principe de non-discrimination entre étudiants européens, et parce que le gouvernement ne légifère pas,  "rien n'est mis en place par le Ministre et l'Institut ne peut légalement prendre aucune initiative sans son aval". Michel Seron estime que les établissements doivent interpeller le ministre, qui a le pouvoir de mettre un terme à cette situation  dont les Belges "n’étaient pas conscients de l’ampleur".

Le coût direct et indirect de la formation

Des étudiants bruxellois qui doivent qui ne trouvent pas de place à Bruxelles, doivent aller à Liège, Mons, Liège ou Libramont pour suivre leurs études, ce qui entraîne des coûts supplémentaires "tout en ne leur permettant pas de choisir l’institut qu’ils souhaitent, ce qui va à l’encontre des principes démocratiques."

Il n’y a pas que l’organisation pratique d’une année académique qui pose problème : le coût des études, à charge du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, est important.

Selon les chiffres avancés par Michel Seron, même si tous les étudiants – en ce compris les étudiants non-résidents français - paient leur minerval, la formation en logopédie coûte 6 000 euros par année à l’Etat belge. "Si l'on estime que 200 étudiants français pourraient s'inscrire chez nous, ce montant, pour 3 ans de formation, s'élève à 3 600 000 euros".

Par ailleurs, Michel Seron précise que les étudiants français non-résidents repartent chez eux une fois leur formation terminée. Cela  "va entrainer à terme une pénurie de logopèdes et donc un danger pour la santé publique en Belgique. (…)  ce phénomène commence déjà à se manifester actuellement."

 

W.F.

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