Le Musée Hergé annule l'exposition Charlie Hebdo pour raisons de sécurité

Le Musée Hergé annule l'exposition Charlie Hebdo pour raisons de sécurité
Le Musée Hergé annule l'exposition Charlie Hebdo pour raisons de sécurité - © ERIC LALMAND - BELGA

Une exposition en hommage aux victimes de Charlie Hebdo devait se tenir durant un mois au musée Hergé de Louvain-La-Neuve. Son vernissage était prévu ce matin. Mais suite à l’élévation de la menace terroriste en Belgique, l’exposition a été annulée par l’organisateur sur recommandation des autorités communales et de la police locale. Des problèmes de sécurité se posaient pour le personnel, pour les visiteurs mais aussi pour les riverains du musée.

Une expo hommage à Charlie Hebdo, avec des caricatures dans l'esprit Charlie avait été mise sur pied par le musée Hergé suite à la tuerie du 7 janvier dernier et devait s'étaler sur un mois. Des dessins et autres unes de Charlie Hebdo devaient notamment y être présentés à partir d’aujourd’hui et ce, durant un mois. Aucune caricature sulfureuse ne devait y être exposée. Les deux pièces principales de l'expo étant le premier numéro de Charlie Hebdo et le dernier sorti la semaine dernière. Des photos de rencontre de Hergé avec Wolinski et Cabu et différents films devaient également y être présentés. 

Mais la commune et l’OCAM (l’Organisme d’action contre la menace) ont tenu une réunion hier en fin de journée avec Nick Rodwell, le mari de la veuve d’Hergé et administrateur délégué de la société Moulinsart, qui gère le Musée.

Et étant donné le contexte de sécurité renforcée, avec un niveau trois sur quatre d’alerte terroriste, les responsables du musée disent avoir pris conscience de ce risque lors de cette réunion avec les autorités communales de Louvain-La-Neuve et le chef de la police locale. L'objectif était d’évaluer les mesures de sécurité à prendre pour encadrer l’exposition.

La police et les autorités communales ont donc voulu avertir le responsable du musée, comme le confirme Jean Luc Roland, bourgmestre de Louvain-La-Neuve.

"Tout le monde connait la situation aujourd’hui en Belgique. C’est niveau trois, avec une attention plus particulière sur des lieux comme le palais de justice, la police. M. Rodwell nous a remerciés de ce qu’on lui avait dit, que nous étions son conseil et qu’il entendait bien ce qu’on lui a dit. Et sur base de ça, il a pris cette décision."

L’annulation n’a pas été imposée, mais les organisateurs ont donc préféré suivre les recommandations de l'OCAM de la police et de la commune.

"Il n’y a aucune menace particulière sur le musée. Mais à partir du moment où il y a ce choix d’une exposition sur Charlie Hebdo, c’est un point d’attention, c’est clair." ajoute le bourgmestre.

Par ailleurs, les responsables du musée auraient pu prendre des dispositions nécessaires, avec la mise en place de portique de sécurité. Mais d'après l’attachée de presse de la société Moulisart, Viviane Vandeninden "Il était trop tard pour le faire. Le bourgmestre est venu hier soir vers 18h30, et c’était trop tard pour mettre en place des mesures de sécurité. Il fallait d’abord rassurer le personnel, et puis on verra avec Rodwell dans les prochains jours si on envisage de rouvrir ou non l’exposition."

Le musée se donne toutefois quelques jours de réflexions pour voir s’il est possible de trouver une solution pour assurer pleinement la sécurité.

Nicolas Franchomme, Sébastien Remacle

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