Changement climatique: ces activistes qui appellent à la désobéissance civile

Groupe du mouvement "Act for Climate Justice"
Groupe du mouvement "Act for Climate Justice" - © RTBF

Des milliers de manifestants pour sauver le climat étaient rassemblés ce dimanche à Bruxelles. Parmi ceux-ci le collectif radical "Act for Climate Justice" déterminé à rompre avec les modes traditionnels d'action. Pour eux, l'urgence climatique impose de changer rapidement les règles qui prévalent dans les Etats. Un changement "systémique" s'impose, affirment-ils, ce qui suppose d'agir sur tous les leviers possibles pour provoquer des changements chez les acteurs concernés. Pour eux, il faut passer par la désobéissance civile et l'action directe. Des modes d'action non-violents mais parfois illégaux. La plupart des militants au sein de ces collectifs sont des jeunes âgés de 18 à 35 ans.

Parmi ceux-ci Yann D., il était présent à la manifestation de Bruxelles pour mettre en avant des revendications qui vont plus loin que celles qu’on entend habituellement sur les questions climatiques. "On ne peut pas se contenter juste de dire qu’il faut sauver le climat. Là dessus on est tous d’accord. Mais lorsqu'on parle de changer les règles du système, c'est différent", lance-t-il.

La désobéissance civile est légitime face aux enjeux 

Pour Yann D., la légalité ne doit pas être une barrière infranchissable. "On voit que dans les cadres conventionnels de mobilisation, on obtient assez peu de résultats. Cela fait des années que l’urgence climatique est là. Tout le monde le sait. Et il n’y a rien qui bouge. Raison pour laquelle on pense qu’on doit sortir de ce cadre conventionnel, quitte à prendre des risques juridiques d’aller vers des procès et parfois même des risques physiques parce que ce sont des actions qui peuvent avoir aussi ce type de risques. Avec l’urgence qui est là, cela devient nécessaire".

Perturber le fonctionnement du système politique et économique

Pour Texas V. aussi il faut aller plus loin que de simples manifestations traditionnelles. "Il va falloir faire bouger les lignes, là on est de plus en plus dans des dynamiques d’actions collectives pour essayer d’une part de créer de la tension médiatique autour de nos revendications et de l’autre de multiplier les stratégies qui pourraient vraiment mettre à mal le système tel qu’on le connait actuellement, c'est-à-dire bloquer, paralyser…

Pour Yann D., ce qui est important c'est de perturber le bon fonctionnement du système politique et économique, parfois bloquer la production. Et mettre aussi en lumière certains acteurs. "Il y a des exemples au niveau international assez célèbres comme 'Ende Gelânde' en Allemagne qui vise à bloquer les mines de charbon. En Angleterre, il y a le mouvement 'Extinction Rebellion' qui a bloqué plusieurs fois d’affilée tous les ponts à Londres. Voilà des démarches qui perturbent le système, qui permettent de mettre vraiment une pression sur le monde économique, politique et surtout de médiatiser les enjeux "

Lancer de nouvelles dynamiques d'action en Belgique

Pour ces militants, l'envie est de pouvoir lancer en Belgique des dynamiques comparables, d’aller vers des actions de désobéissance de masse pour contraindre les décideurs concernés à prendre leurs responsabilités. Pour Yann D, l'action menée il y a quelques jours au Parlement fédéral est un exemple de la direction à prendre. "Près de 80 personnes ont pénétré dans l’enceinte du parlement pour lire une déclaration de 'rébellion sociale et climatique'. C’est une action non autorisée, mais tout-à-fait non violente. Le fait de prendre ce risque là a permis de médiatiser assez fort l’action, d’avoir des retours, de faire bouger certains politiques. Pour nous, il faut intensifier, multiplier ce type d’actions pour venir en complément du travail du milieu associatif

Malgré la prise de risques que cela suppose sur le plan individuel, ces militants  se disent prêts à multiplier les actions dans cette direction. 

Convergences des luttes sociales et environnementales

Pour les militants d'Act for climate Justice, le mouvement des gilets jaunes s'articule autour d’un sentiment d’injustice : la perception que les taxes et les efforts sont demandés toujours aux mêmes personnes. 

Texas V. comprend la colère qui s'exprime : "Nos revendications aussi sont à la fois sociales et climatiques. Quand on sait qu’en Belgique l’évasion fiscale représente des dizaines de milliards d’euros par an et qu’il y a très peu de volontés politiques de faire payer ceux qui éludent l’impôt, il y a de quoi être en colère et avoir un grand scepticisme par rapport aux déclarations qui nous disent que tout ira mieux plus tard".

Mais, ajoute-t-il, ce qui fait peur dans le mouvement des gilets jaunes, ce sont les risques de récupération politicienne. " La volonté chez certains de mettre les problèmes chez nous  sur le dos de boucs émissaires, les réfugiés, les chômeurs, les tricheurs des allocations sociales… Je pense qu’il faut essayer d’avoir une vision plus critique des événement. Car il faudra aussi apprendre à se passer de notre dépendance au pétrole de manière juste et durable "

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