Champs-Elysées: l'auteur de l'attaque avait déjà tiré sur des policiers en 2001

Il était 21 heures jeudi soir quand un homme est descendu de voiture sur les Champs Elysées à Paris. Il a tiré sur un car de policiers à l'arme automatique. Un policier est mort. Deux autres sont blessés, dont un grièvement. Une passante aussi a été légèrement touchée par des éclats.

L'assaillant a ensuite été abattu. Mais justement, qui est cet assaillant? Selon des sources proches de l'enquête, l'auteur est Français, connu pour sa radicalisation. Il était fiché "S". Mais son identité n'a pas été révélée pour les besoins de l'enquête.

Des armes ont été découvertes dans le véhicule de l'auteur présumé de l'attentat, a annoncé la chaîne française BFMTV vendredi. Un fusil à pompe et des armes blanches auraient été découvertes, dont un couteau de cuisine. Des notes manuscrites auraient également été mises au jour, toujours selon la chaîne d'information. Ces notes reprenaient l'adresse de la DGSI, d'un commissariat et de trois armureries. Un exemplaire du coran a également été retrouvé.

Karim Cheurfi, un Français de 39 ans

L'identité de l'auteur est "connue et vérifiée", selon les mots du procureur de la République de Paris. Plus tard dans la journée, on a appris qu'il s'agissait d'un certain Karim Cheurfi. Selon l'AFP, le suspect est Français, âgé 39 ans. Il faisait l’objet d’une enquête antiterroriste. Il a même été arrêté en février, pour avoir manifesté l’intention de tuer des policiers. Mais il a été remis en liberté par la justice faute de preuves. "Il a été interrogé longuement par les policiers, a affirmé Audrey Goutard, journaliste à France 2, parce que des informateurs avaient indiqué aux policiers que cet homme était à la recherche d'armes pour tuer des policiers. Mais faute d'éléments, parce que son profil ne correspondait pas à celui d'un terroriste et à un homme islamisé, le parquet antiterroriste a décidé de le relâcher", selon la journaliste.

Par ailleurs, Karim Cheurfi a déjà été condamné à quinze ans de prison pour des faits de violence à l'encontre de policiers. L'homme originaire de Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis, est déjà apparu dans plusieurs affaires. En 2001, le suspect, alors âgé de 23 ans et déjà connu pour des faits de droits communs, avait blessé deux policiers au terme d'une course-poursuite, selon BFMTV. Au cours d'un accrochage avec des policiers, et alors qu'il conduisait un véhicule volé sur une route de Seine-et-Marne, il avait tiré en direction des agents, en blessant deux d'entre eux. Placé en garde à vue au commissariat de Melun, il avait réussi à désarmer un gardien de la paix prétextant avoir besoin de médicaments, avant de lui tirer dessus à cinq reprises. Ce dernier avait alors réussi à le maîtriser en le blessant avec son arme. Il avait été condamné en première instance pour trois tentatives d'homicide volontaire à 20 ans de prison, une peine ramenée à quinze ans en appel en 2005.

Les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Jan Jambon et Koen Geens, n'ont pas confirmé les liens avec la Belgique qui ont été évoqués à la suite de l'attentat. "Nous n'avons pour le moment aucune information sur un lien belge", a indiqué Koen Geens vendredi matin lors de son arrivée au conseil des ministres. L'homme soupçonné d'être l'auteur de la fusillade est un Français, a précisé Jan Jambon.

Une erreur dans la revendication?

Le groupe terroriste Etat islamique a très vite revendiqué l'attentat. Et dans son communiqué, il mentionne comme nom de l'auteur Abu Yussuf Al-Balgiki. "Al-Baljiki", c’est à-dire "le Belge". Mais, comme l'individu serait de nationalité française, cela pose plusieurs questions :

  • L’assaillant a-t-il des liens avec la Belgique au point d’en faire référence dans son surnom de guerre?
  • Le groupe terroriste EI s’est-il trompé dans sa revendication?
  • Ou alors Abbu Yussuf Al Balgiki est-il un complice de l'homme abattu par la police française?

Concernant cette dernière éventualité, nos confrères de Het Laatste Nieuws indiquent qu'un Anversois prénommé Youssouf, et dont le domicile a été perquisitionné jeudi, s'est présenté ce matin à la police anversoise. Une information qui nous a été confirmée ce vendredi matin.

Selon nos informations cependant, le point de départ de cette perquisition est une enquête sur un trafic de stupéfiant. Il n'y aurait donc a priori pas de lien entre cet homme et l'attaque à Paris. Mais les policiers travaillent actuellement pour en avoir le cœur net.

Par ailleurs, trois membres de l'entourage familial de l'assaillant des Champs-Elysées ont été interpellés et placés en garde à vue, selon des sources judiciaires relayées par les médias français.

La déclaration de Matthias Fekl, ministre de l'Intérieur

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