Chaleur et sécheresse: vers un été de tous les records

À l’heure où les statistiques de l'Institut Royal Météorologique se peaufinent, on s’oriente vers le deuxième mois de juillet le plus chaud depuis 1901. C'est ce que confirme Pascal Mormal, spécialiste au département climatologie de l'IRM. Il précise aussi qu'en terme d’ensoleillement, avec un peu moins de 300h, nous allons atteindre la quatrième place des juillets les plus baignés de soleil.  

Deux records tout de même pour ce mois: 53% d’humidité relative pour une normale à 73% et un précédent record de 62% en 2006.  Ce taux d’humidité traduit très nettement la situation de sécheresse.  Autre record, égalé celui-là : le nombre de jours de précipitation qui n’excède pas 5, comme en 1989. 

Juillet 2018 en chiffres

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Juillet 2018, celui de tous les records ? © Tous droits réservés

Comme vous le constatez, la température moyenne atteint ce 31 juillet 27,4°C, ce qui est la deuxième valeur la plus chaude enregistrée depuis 1901, le record étant toujours détenu par 2006 avec 28,6°C. 

Ce mois aura compté 26 jours d’été, égalant 2006. On entend par " jour d’été " les jours où la température maximale dépasse 25°C.  Avec 4 jours au-dessus de 30°C, on est assez loin du record de 1994 (9) mais aux antipodes aussi de juillet de l’année dernière où l’on n’a jamais atteint 30°C à Uccle. 

La température la plus élevée enregistrée sous abri l’a été à Koersel (Limbourg) avec 39°C le 26. Un mois assurément chaud, mais qui n’a pas forcément repoussé les records vers le haut.

Orages locaux et sécheresse

Le mois de juillet s’est également caractérisé par une grande sécheresse mais aussi par quelques cellules orageuses aussi intenses que locales, ce qui a tendance à compliquer le calcul des moyennes.

Ainsi, à Uccle par exemple, deux orages ont apporté près de 50 litres par m², ramenant le total à des valeurs proches de la normale. Par contre, certaines stations comme Kleine Brogel (Limbourg), ont échappé aux orages. On relève donc seulement 0.7 mm pour une moyenne de 74 mm pour un juillet normal. 

Dans cette même station, si l’on reprend les chiffres de pluviométrie depuis le mois de mai, on n’excède pas 21 mm alors que la moyenne serait de 222, nous sommes donc à 10% d’une pluviométrie normale pour la saison.

Du fait de ces orages locaux et intenses, l’effet de sécheresse est toujours bien présent car l’excédent d’eau généré par ces orages s’évacue vite et ne préserve pas champs et cultures.

Printemps-été 2018 : les saisons de tous les records.

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Juillet 2018, celui de tous les records ? © Tous droits réservés

Comme on le voit, les quatre derniers mois sont tous hors norme en terme de chaleur. Avril, mai et juillet étant les deuxièmes plus chauds jamais enregistrés. Juin n’est pas dans le top 5 des plus chauds mais se situe tout de même 1,9°C au-dessus de la normale.

Ce qui va différencier l’été 2018 des fameux étés 1947 et 1976 ou encore 2003, c’est la persistance du temps chaud et sec sur nos régions.

Prenons l’été 1976, il a été caractérisé par de très fortes chaleurs et une sécheresse intense mais somme toute relativement courte. On dénombre pour l’été 1976 " seulement " 50 jours où la température a dépassé 25°C en journée, ce qui confirme de fortes chaleurs dans un laps de temps réduit. 

Le record de ces jours d’été est tenu par 1947 avec 66 jours. Or, actuellement, alors qu’août n’a pas encore débuté, nous sommes déjà à 46 jours recensés. Et vu les tendances des prévisions, ce chiffre devrait encore s’amplifier rapidement.  Il est donc fort probable que l’été 2018 reste celui de  tous les extrêmes : sécheresse et chaleur s’étendant sur plusieurs mois.

Chaleur et sécheresse liées au réchauffement climatique ?

Les scientifiques refusent en général d’associer une situation météo au réchauffement. Mais il y a des éléments qui ne trompent pas et qui interpellent.

Ainsi, cette carte reprend les écarts de températures qui ont caractérisé les mois de juillet de 1976, 2006 et 2018 permet de situer en rouge les pics de chaleur et en bleu les zones plus froides. A noter que cette carte représente la masse d’air à 850 hpa (+- 1.500m d’altitude).

Le constat est édifiant, les zones anormalement chaudes étaient encore entourées de zones plus fraîches en 1976 et 2006, or, cette année, il fait anormalement chaud sur quasiment la totalité de cette partie de l’hémisphère. Et ce dernier élément illustre bien un réchauffement global.

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