Cette étudiante en droit peine à joindre les deux bouts: "C'est un privilège de pouvoir étudier"

Des étudiants comptent manifester ce jeudi à Bruxelles contre la précarisation des jeunes. Un sujet qui prend une nouvelle dimension avec l’immolation par le feu d’un étudiant à Lyon, en France. Chez nous, un étudiant sur quatre doit travailler pour payer ses études. Entre le minerval, les achats de syllabus et le loyer du kot ou les trajets en train, certains ne s'en sortent pas. Sarah (prénom d'emprunt) a par exemple du mal à joindre les deux bouts. Rencontre.

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La jeune fille étudie le droit à Louvain-la-Neuve, en dernière année. Elle a un kot, ce qui représente un fameux budget. Et c'est d'ailleurs trop pour ses parents. Sarah a demandé une aide au service social de l'université pour payer son loyer et tout le reste.

"Les études coûtent vraiment cher, notamment au niveau des codes juridiques. On doit acheter un code différent pour chaque cours et ça tourne aux alentours de 39 euros par code", explique-t-elle.

On ne va pas prendre les études à la légère

Conséquence pour Sarah : du stress. On est loin de l'insouciance de la jeunesse parce que, pour elle, les étudiants précarisés n'ont pas droit à l'erreur. "On se sent reconnaissant envers ce système qui nous permet d'avoir une aide financière et, du coup, on va moins vivre une 'belle parenthèse', poursuit l'étudiante en droit. On ne va pas spécialement guindailler, prendre les études à la légère et se dire tant pis, on va prolonger nos études d'une année, parce que je pense qu'à l'heure actuelle, c’est un privilège de pouvoir étudier."

La crainte pour Sarah aujourd'hui, c'est la suite. Le risque que son diplôme ne soit même pas l'assurance d'une vie plus confortable. Elle voudrait devenir avocate stagiaire l'année prochaine, mais risque de ne pas en avoir les moyens. "Certes on a un salaire, mais un salaire qui ne nous permet pas de subvenir à nos propres besoins. Et ça nécessite que l'on vive encore aux dépens de nos parents."

L'année prochaine, Sarah n'aura plus ses aides de l'université. Il faudra donc trouver autre chose pour s’en sortir.

Journal télévisé 13H

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