Cette esthéticienne préfère attendre le mois de février pour rouvrir : "J'ai vu trop de monde malade"

Cette esthéticienne préfère attendre le mois de février pour rouvrir : "J’ai vu trop de monde malade"
Cette esthéticienne préfère attendre le mois de février pour rouvrir : "J’ai vu trop de monde malade" - © kazuma seki - Getty Images/iStockphoto

Rouvrir ou ne pas rouvrir ? Le débat agite le secteur des métiers "de contact". Si les coiffeurs et coiffeuses ont déjà fait entendre leur voix pour demander une reprise des activités, le débat n’est pas tranché chez les esthéticiennes. Pour l’instant le comité de concertation a avancé la date du premier février pour une réouverture.

Mais certains aimeraient reprendre bien plus tôt, dès mi-décembre si possible. Il faut dire que d’habitude les fêtes de fin d’année sont une période bien remplie pour les professionnels du secteur. Et certains ont déjà beaucoup souffert financièrement ces derniers mois, même si ceux qui rentrent dans les conditions peuvent compter sur le "droit passerelle".

Le 1er décembre dernier, l’Union nationale de l’Esthétique en Belgique (Uneb) réclamait la réouverture des salons d’esthétique pour le 15 décembre. Selon une enquête menée par l’union, près de la moitié des salons craignent pour leur avenir.


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L’Uneb affirme que 44% des professionnels de l’esthétique traversent aujourd’hui une situation très critique et grave après l’annonce du maintien de leur fermeture jusqu’en janvier 2021.

L’Uneb rappelle que pour 79% d’entre eux, le mois de décembre représente en période habituelle, un chiffre d’affaires allant de 20 à 40% de l’ensemble de leur chiffre annuel. L’Uneb demande au gouvernement de considérer la réouverture du secteur au 15 décembre en "plafonnant le nombre maximum de rendez-vous, espacés dans le temps et plafonnés par journée".

La situation est "très dure", mais…

L’Uneb demande également de pouvoir ouvrir les salons afin de vendre les produits et cosmétiques qu’ils détiennent comme n’importe quel commerçant.

Tous ne sont pas du même avis. "Moi aussi je trouve cela dur, difficile, déprimant, moi aussi j’ai un enfant à nourrir", nous raconte Lorraine Dethier, esthéticienne à Wanze (Province de Liège). S’adressant à ses consœurs et confrères, elle poursuit : "Fin octobre, vous disiez que vous vouliez refermer, que vous n’attendiez que cela car les clientes ne venaient plus. Elles étaient malades, positives, elles avaient peur, vous n’aviez plus de rentrées."

Lors de sa dernière semaine d’activité avant le reconfinement, elle explique qu’elle a eu 80% de rendez-vous annulés. "Elles étaient toutes malades. Toutes positives. Et certaines, plus âgées, avaient peur et avaient décidé de se reconfiner. Aujourd’hui, on nous a prises en compte. On a quand même compris qu’on avait une proximité dangereuse avec nos clientes."

Laisser passer les fêtes, même si ça nous brise le cœur

Elle décrit alors ses conditions de travail : "Lors d’un soin visage, la cliente n’a pas de masque. Travailler avec une visière ? Vous voyez vraiment quelque chose ? Lors d’un maquillage permanent des lèvres, on est à 15 cm d’une bouche non masquée avec la salive…"

Si Lorraine reconnaît que la situation est "très dure" et qu'"on n’a pas droit à notre merveilleuse période", elle plaide pour la patience. "J’ai vu trop de monde malade et souffrant bien plus que d’une grippe, trop de monde dans le coma et puis trop de monde partir."

"Nous avons un groupe privé sur Facebook des esthéticiennes francophones, il y a eu un sondage [concernant une éventuelle réouverture], on était 50-50. La moitié préférerait attendre de laisser passer les fêtes, même si ça nous brise le cœur parce que c’est notre plus belle période et c’est vraiment de la joie pour nous. Avoir les clientes, c’est ce qu’il y a de plus chouette à cette période-ci", se désole-t-elle.

Mais "je préfère mordre encore un peu sur ma chique, faire de moins beaux cadeaux a ma fille aux fêtes, attendre patiemment que de voir ceux que j’aime (ou moi) tomber malade. Prenons notre mal en patience. Innovons. Faisons du virtuel. Faisons de la vente. Motivons les cœurs de nos clientes. Offrons-leur de belles idées. De la joie. Des tutos. Vendons de beaux coffrets", conclut-elle, persuadée que des jours meilleurs attendent le secteur.

Journal télévisé 02/12/2020

Les coiffeurs demandent de pouvoir reprendre le travail.

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