Cette découverte sur le mélanome au sujet des cellules souches chamboule nos connaissances sur tous les cancers

FDA Announces Stricter Guidelines For Sun Screens
FDA Announces Stricter Guidelines For Sun Screens - © JOE RAEDLE - AFP

C'est une découverte de premier plan, aussi révélatrice qu'interpellante. Elle permet de mieux aborder la propagation d'un mélanome, la forme la plus répandue et la plus grave de cancer de la peau. Mais elle chamboule aussi nos connaissances sur l'origine même de tous les cancers.

C'est au centre de recherche VIB-KULeuven, qui s'intéresse à la biologie des cancers, que l'équipe du professeur Jean-Christophe Marine, en collaboration avec celle de Cédric Blanpain (ULB), a eu l'idée de faire pousser un mélanome sur la queue de souris - et non pas sur leur dos. Et ça change tout : la peau de la queue est plus semblable à la nôtre.

Les cellules matures sont aussi touchées

En résumé, la peau humaine se divise en deux types de cellules :

  • Les cellules immatures, aussi appelées cellules-souches (celles qui permettent à la peau de se régénérer après un bobo). Elles sont situées dans le derme, couche interne de la peau.
  • Et les cellules matures, situées dans l'épiderme — couche externe de la peau — et donc davantage sujettes à l'exposition aux rayons UV.

Jusqu'à maintenant, les scientifiques estimaient que les tumeurs inhérentes au mélanome ne naissaient que dans les cellules immatures, comme pour les autres cancers. Mais cette nouvelle expérience a pu démontrer que, chez les souris, les tumeurs apparaissaient aussi par la division de cellules matures, cellules qu'on croyait indivisibles.

"Cela remet en cause le fait que toutes les tumeurs dériveraient de cellules souches, explique Jean-Christophe Marine. Le mélanome est peut-être un cas à part, mais cela offre aussi la possibilité que d'autres types de tumeurs soient issus de cellules plus matures." C'est tout un pan, dans le domaine de la biologie du cancer, qui est remis en cause.

En bonne voie de guérison

Les patients atteints d'un mélanome ont cependant plus de chances de survie aujourd'hui. Les premiers traitements efficaces à grande échelle sont apparus il y a environ cinq ans.

A la KULeuven, le chercheur Johan Van Weyenbergh est désormais totalement guéri. Il a souffert d'un mélanome de 2008 à 2014 et a dû tester plusieurs remèdes, dont d'exténuantes chimiothérapies. "J'ai eu de la chance, la thérapie de l'époque a fonctionné sur moi, se souvient-il, ému. Mais à l'époque, seuls 20% des patients qui étaient dans mon service ont eu cette même chance. Je crois qu'ils faut continuer à trouver d'autres thérapies." 

Cela tombe bien : la découverte sur les cellules matures ouvre le champ des possibles, notamment la voie à un traitement préventif. "Cela va clairement nous aider à comprendre la progression et l'agressivité du mélanome, selon Joost Van Den Oord, pathologiste. C'est crucial pour nous aider à trouver des traitements plus adaptés aux cellules malades."

Davantage de réactivité face à la maladie, il en faut. Aujourd'hui, ils sont encore 350 Belges à décéder d'un mélanome chaque année.

Sujet du journal télévisé de 19h30 du vendredi 13 octobre:

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