Certains enfants du juge peut-être en danger à cause du confinement

Certains enfants du juge peut-être en danger à cause du confinement
Certains enfants du juge peut-être en danger à cause du confinement - © Witthaya Prasongsin - Getty Images

La maltraitance familiale ne s’arrête pas avec le confinement, bien au contraire. Les enfants protégés par les juges de la jeunesse sont doublement vulnérables. Les services sociaux limitent leurs visites à domicile aux cas les plus problématiques. Et les places d’accueil manquent encore plus que d’habitude.

Pas de places pour eux dans les hôpitaux

Certains enfants particulièrement vulnérables sont parfois placés dans les sections pédiatriques des hôpitaux. Mais depuis dix jours, sauf en cas d’urgence vitale, les hôpitaux n’acceptent plus les enfants confiés par les juges de la jeunesse, et ceux qui avaient été admis par mesure sociale ont été dirigés vers d’autres institutions. Or, les enfants placés dans les institutions, eux, ont été renvoyés dans leur famille, quand c’était possible en toute sécurité. Se retrouver sans école, sans activité, sans regard extérieur, dans une famille peu protectrice peut être explosif. "Les enfants sont potentiellement en danger", s’inquiète Michèle Meganck, juge de la jeunesse à Bruxelles. "Les services sociaux gardent le contact par téléphone ou par mail, mais ce n’est pas le même accompagnement éducatif que les visites à domicile".

Un manque chronique encore plus exacerbé

Les problèmes vont augmenter, s’additionner au point que l’enfant devra être protégé. Mais c’est là que les juges de la jeunesse font face à un énorme problème : "Si nous devons les extraire de leur milieu familial, nous n’avons pas de lieu de placement auxquels les confier", explique la juge Meganck. "Le manque de places d’accueil est un problème récurrent mais, avec le confinement en plus, il est aigu. Et nous n’avons pas beaucoup de partenaires pour nous aider à en trouver en dehors de ceux que nous connaissons". Et cela sans compter les nouveaux cas d’enfant maltraité qui vont atterrir sur le bureau bien encombré des juges de la jeunesse.

Les mineurs délinquants, l’autre inquiétude

Les mineurs suivis pour faits qualifiés infraction, selon la terminologie judiciaire, soit sont placés en IPPJ, les institutions publiques de protection de la jeunesse, soit restent en famille, avec des mesures de suivi. Ils doivent souvent suivre des mesures d’intérêt général. Mais ces mesures sont elles aussi suspendues pour cause de confinement. Et comme le confinement n’arrête rien, les juges de la jeunesse reçoivent encore quotidiennement des mineurs soupçonnés de faits délictueux. "Toute la procédure reste appliquée", confirme Michèle Meganck, juge au tribunal de la jeunesse de Bruxelles, "afin d’éduquer, d’éviter une récidive et de protéger la société".

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