Certains détenus suivent des formations en dehors de la prison

Certains détenus suivent des formations à l’extérieur de la prison
Certains détenus suivent des formations à l’extérieur de la prison - © rtbf

En prison, les détenus peuvent suivre une formation professionnelle en vue d'une réinsertion sociale. Mais pour certains, il est également possible de suivre une formation à l'extérieur. Pour ce faire, ces détenus en détention limitée doivent défendre un projet solide devant le tribunal d'application des peines. Le chemin est long et semé d’obstacles mais certains réussissent.

Des services d’accompagnement

L’asbl "Après" aide les ex détenus et les détenus en détention limitée à trouver un emploi ou à établir un projet de réinsertion socioprofessionnelle. L’association établit avec eux le projet le plus cohérent en fonction de leur parcours scolaire, mais aussi de leur casier judiciaire. Cuisine, électricité, bureautique, maçonnerie, voire graphisme, tout type de formation est possible, mais trouver un centre de formation n’est pas forcément évident. "La plupart refusent de recevoir des détenus ou des ex détenus par crainte ou par réalité de concilier les difficultés que peut rencontrer ce type de population avec la possibilité d'une formation professionnelle", explique Sophie Pollak, psychologue à l'asbl "Après".

Rencontre dans un centre de formation

Nous nous sommes rendus dans l'un des rares centres de formation qui accepte de les accueillir.  Rahian, un jeune homme en libération conditionnelle, fait partie des demandeurs d’emploi. Il y suit une formation en maçonnerie depuis le mois de janvier, mais avant cela, il a dû défendre son projet de réinsertion devant le tribunal d'application des peines. Il explique son parcours : "Les premières démarches sont réalisées à l’intérieur de la prison. Il faut tout d'abord s’organiser un plan de reclassement, c'est-à-dire avoir une formation, un travail, un logement mais aussi pouvoir rembourser la partie civile. Une fois que c’est réalisé, il possible de sortir et de se réinsérer dans la société".

Bien se préparer pour saisir sa chance

Mais Rahian n'a pas perdu son temps. En prison, il a déjà suivi une formation qui lui a donné quelques clefs pour envisager une porte de sortie, mais selon lui, l’encadrement n’était pas suffisant.  "Contrairement à la prison, ici le professeur s’en donne à cœur joie et c’est vraiment plaisant ", témoigne-t-il satisfait de son stage extérieur en maçonnerie.

Si Rahian est en libération conditionnelle, le centre a également accueilli deux prisonniers en semi détention. Cependant ils ne répondaient pas aux exigences du centre et ils ont tous les deux décroché.  Le directeur du centre, Tahar El Hamdaoui, explique que les horaires étaient difficilement compatibles avec ceux de la prison où ils étaient incarcérés. "Par ailleurs, il a été vérifié que leur projet n’allait pas dans le long terme ni dans une réelle perspective de réinsertion professionnelle; leur but ultime étant uniquement une opportunité de sortie".

Tahar El Hamdaoui ne veut pas faire de généralités mais pour lui, discipline, motivation et persévérance sont les premières qualités qu'un détenu ou un ex détenu doit réunir pour construire sa réinsertion sociale.  Rahian quant à lui a bien l'intention de saisir sa chance et de s’installer dans ce nouveau métier qui suivra sa formation de deux ans maximum.  

I.L. avec K. Azzouz

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