Centenaire 14-18: le tourisme de mémoire, une nouvelle mine d'or?

Depuis les années 1980, l’aménagement de lieux de mémoire a connu un véritable essor en Europe. La Belgique a suivi grâce à des commémorations importantes : Grande Guerre, mais aussi bicentenaire de la bataille de Waterloo et, en décembre 2019, le 75e anniversaire de la Bataille des Ardennes à Bastogne.

La Belgique, longtemps considérée comme le champ de bataille de l’Europe, ne pouvait pas échapper au tourisme de mémoire, au point que ce tourisme mémoriel est devenu un produit touristique de niche parmi d’autres.

Toutes les nations anglo-saxonnes viennent régulièrement

Des lieux de mémoire sont aménagés, comme des cimetières, des circuits commémoratifs, des reconstitutions historiques et des musées, et avec un public cible aussi pour ce tourisme, selon Pierre Coenegrachts, directeur adjoint de Wallonie Belgique Tourisme. "Britanniques, Américains, Canadiens, Australiens, toutes les nations anglo-saxonnes viennent effectivement régulièrement, explique-t-il. Ils ne viennent pas que pour nous, mais nous avons réussi à nous inscrire dans des circuits européens de tourisme de mémoire, aux deux champs de bataille."

Force est de constater que la Flandre a un tourisme de mémoire bien plus développé que la Wallonie et le Musée de la guerre à Ypres en est un exemple parlant. Côté wallon, il n’y a pas de chiffres spécifiques, mais sur le terrain, les retombées semblent bien là.

La détente et les loisirs restent les principaux attraits de la Wallonie

Concernant l’armistice en Wallonie, c’est surtout à Mons que ça se passe, avec entre autres des projections vidéo sur la façade de l’hôtel de ville. Dans la ville, les hôtels affichent complet pour le 11 novembre. Dans cinq grands hôtels de Mons (Ibis, Van der Valk, Lido), il reste 6 chambres libres sur 400, et l’écrasante majorité des nuitées a été réservée par des groupes anglophones il y a des semaines, et parfois des années.

Pour autant, difficile de dire à l'heure actuelle si le tourisme de mémoire va devenir une locomotive en Wallonie. Sur les huit milliards d’euros annuels que pèse le tourisme wallon, la détente et les loisirs restent les principaux attraits régionaux, avec les randonnées à pied ou à vélo et la gastronomie. D’ailleurs, la majorité des touristes en Wallonie sont des Belges, à 60%, loin devant les Néerlandais et les Français. Mais lorsque des Britanniques viennent faire du tourisme en Wallonie, c'est la plupart du temps pour du tourisme de mémoire.

Retrouvez d’autres contenus liés à la Grande Guerre sur le site dédié RTBF.BE/1418

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