Cellules souches pour traiter le coeur: premier essai encourageant sur l'homme

Un chirurgien lors d'une opération à coeur ouvert dans un hôpital français
Un chirurgien lors d'une opération à coeur ouvert dans un hôpital français - © Jean-Sebastien Evrard

Une greffe de cellules cardiaques dérivées de cellules souches embryonnaires a été réalisée il y a trois mois sur une patiente souffrant d'insuffisance cardiaque qui "va bien" aujourd'hui, ont indiqué vendredi les médecins à l'origine de cet essai novateur.

Les cellules souches embryonnaires dites "pluripotentes", représentent un fort potentiel thérapeutique car elles sont capables de fabriquer toutes sortes de tissus (cardiaques, musculaires, etc.).

Des essais à partir de telles cellules embryonnaires ont déjà été réalisés dans le monde pour corriger des pathologies de l’œil, mais c'est le premier essai pour l'insuffisance cardiaque, selon ces médecins.

La greffe sur la partie du cœur touchée par un infarctus, couplée à une pontage coronarien, a été réalisée le 21 octobre 2014, chez une patiente âgée de 68 ans, par le professeur Philippe Menasché et son équipe du service de chirurgie cardiovasculaire de l’hôpital européen Georges Pompidou, à Paris.

La patiente souffrait d'insuffisance cardiaque sévère avec altération nette de sa fonction cardiaque à la suite d'un infarctus ancien, mais elle n'était pas au stade ultime qui aurait relevé d'une greffe cardiaque ou d'un coeur artificiel.

A présent, "la patiente va bien, son état s’est nettement amélioré, sans qu’aucune complication n’ait été observée. elle est rentrée chez elle et a repris une activité normale", a dit le Pr Menasché.

Cette "avancée prometteuse" a été présentée vendredi aux 25e Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie à Paris.

Les jeunes cellules cardiaques obtenues à partir des cellules souches embryonnaires ont été incorporées dans un gel qui a été posé sous forme de patch sur la zone du coeur de la patiente, rendu inerte par un ancien infarctus.

Cette partie du cœur "bouge aujourd'hui", mais il serait prématuré de dire si l'amélioration provient de la greffe de cellules ou du pontage, souligne le chirurgien.

Il précise qu'il y a un an, un patient "en bout de course" avait également été traité, mais n'avait pas survécu à ses multiples pathologies, sans que le patch soit en cause.


AFP

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