Cellule de Verviers: les enquêteurs ont mis la main sur l'ordi d'Abaaoud

Les enquêteurs de la police judiciaire fédérale travaillant sur la cellule terroriste de Verviers ont mis la main sur un ordinateur portable appartenant vraisemblablement à Abdelhamid Abaaoud, la tête supposée de l'organisation. L'appareil est en cours d'analyse afin de déterminer si son contenu peut livrer des indices pertinents, a appris Belga à bonne source. Par ailleurs, les rôles d'autres suspects impliqués dans le dossier sont mieux connus. Cinq membres de la cellule présumée sont toujours en détention préventive.

L'ordinateur portable en question a été saisi lors de perquisitions menées à Athènes où Abaaoud séjournait lors du démantèlement de la cellule de Verviers le 15 janvier dernier. L'homme avait ensuite fui en Syrie avant d'être intercepté. Il était hébergé dans la capitale grecque par Omar D., un Algérien interpellé le 17 janvier car il possédait un gsm qui aurait été utilisé par Abaaoud pour contacter des membres de la cellule terroriste en Belgique. Jusqu'à présent, D. avait toujours affirmé n'avoir jamais eu de contact avec Abaaoud ou d'autres suspects impliqués dans le dossier, et prétendait avoir acheté le téléphone sans carte sim pour le revendre. Cette version des faits a été battue en brèche par les enquêteurs qui ont pu déterminer qu'Abdelhamid Abaaoud avait séjourné longuement chez Omar D. C'est également dans l'appartement d'Athènes de D. que l'ordinateur portable a été trouvé.

L'enquête devra déterminer si Abdelhamid Abaaoud a effectivement utilisé l'ordinateur portable mais l'hypothèse n'est pas à exclure. Dans le dossier, une photo montre en effet Abaaoud assis devant un laptop dont un des angles est abimé. Or, l'ordinateur portable saisi présente le même angle abimé.

Les rôles d'autres suspects impliqués dans le dossier sont entre-temps mieux connus. Il est ainsi avéré que Karim A., arrêté le 30 mars dernier avant d'être relaxé peu après son interpellation, a bien entretenu des contacts avec des membres de la cellule terroriste. A. avait été remis en liberté car, lors de sa confrontation avec Marouane El Bali, l'homme qui avait été interpellé lors de l'opération anti-terroriste menée à Verviers, ce dernier avait avoué avoir utilisé le profil Facebook de Karim A. Après la libération de A., il s'est avéré qu'il utilisait en fait deux profils Facebook et qu'il avait bien entretenu des contacts avec des membres de la cellule terroriste via son deuxième profil.

L'enquête a également déterminé que le 15 janvier, Souhaib El Abdi et son frère Ismaïl avaient fui en France. Le duo avait été interpellé le soir-même à Modane, à la frontière italienne, et avait ensuite été extradé vers la Belgique. El Abdi avait déclaré avoir fui parce qu'il était impliqué dans un commerce de faux documents d'identité. Entre-temps, il a pu être démontré que, fin 2014, El Abdi s'était rendu à deux reprises dans la ville turque d'Adana, la première fois pendant deux semaines et la deuxième, durant une semaine. A Adana, l'homme est vraisemblablement entré en contact avec des membres de l'Etat islamique. Souhaib El Abdi a été placé sous mandat d'arrêt, qui a été prolongé il y a deux semaines par la chambre des mises en accusations. Son frère Ismaïl a comparu jeudi devant la chambre du conseil de Bruxelles, en compagnie de Marouane El Bali, Omar D. et de Mohamed Hamja Arshad Mamood Hajni. Les mandats d'arrêt des quatre hommes ont été prolongés. Le parquet fédéral n'a pas souhaité livrer de commentaires sur le fond du dossier.

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