Céline Tellier (Inter-Environnement Wallonie) : "Ecolo n'a pas le monopole de la question environnementale"

En cette journée internationale de l’environnement, Céline Tellier, secrétaire générale de la fédération Inter-Environnement Wallonie qui regroupe près de 150 associations, était ce matin l’invitée de Matin Première. Elle sera également reçue cet après-midi par les négociateurs wallons du PS.

Des manifestations climats, Céline Tellier considère qu’il reste encore un certain nombre d’engagements dans les programmes politiques des partis. "Ils se sont montrés bien plus ambitieux que par le passé. La question est de savoir s’ils vont transformer l’essai et montrer que ces mobilisations ont été prises en compte dans les accords de gouvernement."

Elle estime également que ces mouvements populaires ont fait bouger les lignes sur le plan programmatique avec un certain nombre d’engagements qui ont été pris. "Il faut voir en termes de coalition et en termes de choix de personnes qui vont être là pour incarner ces questions si ces préoccupations sont vraiment prises à bras-le-corps."

Céline Tellier rajoute que "les différentes majorités politiques ont plus ou moins avancé sur la question aussi en fonction des personnalités qui ont porté ces enjeux". Pour elle, ces enjeux doivent être incarnés "dans des ministères très forts qui vont pousser des accords politiques majeurs sur ces questions".

Priorités communes

Si Ecolo est sorti troisième des urnes en Wallonie et que la vague verte semble en train de retomber, la secrétaire générale d’IEW tient à faire la part des choses. "Il faut distinguer les mobilisations citoyennes qui ne sont pas partisanes et le parti Ecolo. Ce qui nous importe, c’est que les propositions que nous allons porter figurent dans les accords de gouvernement. Il y a un certain nombre de leviers au niveau régional qui permettent vraiment d’enclencher une transition environnementale et solidaire".

Même si les partis qui constitueront la coalition ne sont pas encore connus, leurs avis convergent néanmoins sur de nombreux dossiers. "La première chose, c’est la question de l’isolation du bâti […] On a une opportunité d’avoir un programme de rénovation massif des bâtiments. Tous les partis s’accordent pour dire que c’est une priorité. Mais à quel point vont-ils mettre la main au portefeuille pour enclencher un vrai changement ?", questionne-t-elle.

"La deuxième chose, c’est la mobilité. L’amélioration des transports en commun va nécessiter de nombreux changements […] Il a il y a des lignes politiques et des sensibilités différentes sur les moyens mais globalement et de manière officielle, les objectifs sont communs".

Durant cette campagne, le parti Ecolo et les libéraux se sont opposés sur la question de la fiscalité verte. Malgré "les polarisations de postures et des effets de communications qui sont parfois extrêmes", Céline Tellier ne souhaite pas que cette campagne fasse du tort à l’écologie associative avec un discours caricatural. "On a un certain nombre de propositions qui sont avant tout constructives pour faire en sorte de créer les possibilités de cette transition."

Elle rajoute : "Ecolo n’a pas le monopole de cette transition. On attend que les différents partis nous prouvent que leurs engagements politiques pris dans le cadre de cette campagne vont être réalisés sur le terrain".

"Critique du système"

D’après une étude de la KUL et de l’UCL, l’immigration est un thème phare au nord du pays tandis que l’emploi est en tête au sud. De quoi faire passer la question environnementale au second plan ? "Si l’on regarde le vote des jeunes en Europe, on voit que les mouvements qui ont porté ces enjeux-là ont clairement gagné ces élections", nuance Céline Tellier.

"Ce qu’on constate aussi, c’est qu’il y a une critique du système. En Flandre, elle se matérialise malheureusement par une montée de l’extrême droite. En Wallonie, cela se traduit plutôt par une montée du PTB et d’Ecolo", précise-t-elle. "Ce qu’il faut entendre, c’est le message qui nous dit qu’il faut un changement. Les partis traditionnels vont-ils pouvoir dans leur majorité entendre ce signal et enclencher une transition ?"

En ce qui concerne ces enjeux, Céline Tellier est convaincue que cette législature est cruciale pour le climat et la biodiversité. "En matière climatique, l’ONU nous dit que nous avons 10 ans pour agir. En 2030, il sera trop tard […] On a un déclin de la biodiversité qui est conséquent. Ce sont des enjeux que la population et notamment les jeunes ont compris […] On ne peut pas se permettre d’attendre encore 500 jours avant que des coalitions ne se créent. Il faut absolument que l’on ait un gouvernement climat."

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