"Cela ne se mène pas comme si on était au café du coin", s’énerve Alda Greoli à propos de la communication sur l’aménagement des mesures pour les jeunes

Vendredi passé lors du dernier Comité de concertation, le Premier ministre Alexander De Croo s’adressait aux jeunes : "Nous sommes conscients que vous vivez une période particulièrement difficile, et n’hésitez pas à parler, fixez des rendez-vous dehors pour vous retrouver en toute sécurité". Une déclaration de trop qui énerve Alda Greoli, invitée dans Matin Première ce jeudi 28 janvier.

Elle était la numéro deux du gouvernement wallon précédent et ancienne ministre régionale de la Santé. Désormais députée cdH dans l’opposition qui est en colère lorsqu’elle entend les autorités actuelles parler aux jeunes :"La ministre de la Jeunesse ne les a rencontrés qu’hier… Et elle ose dire à des animateurs de jeunesse qu’on va tirer au sort pour former des groupes de maximum 10. Alors qu’aucun camp de jeunesse cet été n’a posé de problème".

Aucune activité parascolaire n’était possible au-dessus de 12 ans jusqu’à hier, mercredi 27 janvier. Mais des aménagements avaient été discutés la veille par un comité ministériel restreint (kern). Après avoir consulté les experts et les pédiatres, les ministres de la Jeunesse des différentes communautés ont décidé une autorisation de la reprise des activités parascolaires pour les jeunes de 12 à 18 ans.

Une communication bancale

"Gouverner c’est prévoir", scande Alda Greoli. "Il faut une réponse, oui, mais vous pouvez prendre 24 ou 48 heures pour consulter", se désole l’ancienne ministre qui se demande si une réelle consultation a eu lieu sur ce sujet. Une zizanie qui "l’énerve" selon ses propres termes : "ce n’est pas possible de gérer comme ça !".

La gestion décisionnelle de ce récent aménagement pour les jeunes traduit plusieurs choses selon Alda Greoli : "Les niveaux de pouvoir ne se parlent plus. On nous annonce un Codeco qui est ensuite annulé, et on s’enfonce dans la communication par la suite". Il y a un "back-office" normalement, une organisation interne qui se prépare avant de communiquer des décisions aux gens : "Cela ne se mène pas comme si on était au café du coin", s’énerve l’ancienne ministre wallonne de la Santé.


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La députée wallonne juge que cette méthode bancale s’applique aussi au plan de vaccination contre le coronavirus. Le cdH s’est inquiété de la rapidité ainsi que de la répartition qui est "politisée" pour les Humanistes : "Par exemple, à Verviers, à Spa, à Malmedy, il y aura un centre. Ensuite, une semaine après il n’y aura plus de centre à Verviers mais on en a placé un dans une petite commune mal desservie en transports", détaille Alda Greoli qui s’interroge sur ces changements et l’image que cela renvoie.

Elle va plus loin et pense décrypter un second "mauvais" message qui se cache derrière ce plan : "La majorité des centres de vaccinations seront hébergés dans des centres sportifs et culturels. Est-ce cela veut dire qu’on va passer un an supplémentaire sans activités culturelles et sportives alors ? Cela donne un très mauvais signal, que ces lieux restent fermés ou que l’on doive modifier dans le futur la localisation de ces centres de vaccination".

Un danger démocratique grandissant ?

Une colère des gens pourrait survenir suite à une complexification du processus décisionnel et à l’approximation de la communication des mesures. "On ne peut pas obtenir l’adhésion des gens en ajoutant des couches (décisionnelles)", s’inquiète l’ancienne ministre wallonne de la Santé en évoquant même un "danger démocratique". 

Une partie de la population est susceptible de décrocher en ayant une réaction violente, selon la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden. Cela fait suite aux débordements de ces derniers jours aux Pays-Bas contre le couvre-feu et les mesures anti-covid.

Pour éviter cette désapprobation potentiellement violente de la population : "On a besoin de réinventer un ensemble, il faut aussi s’occuper du bien-être psychologique de la population", pointe Alda Greoli tout en précisant que l’exclusion des artistes et des étudiants des mesures n’aide pas à conserver une unité dans les règles coercitives en place.


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Après un an de crise du coronavirus l’ancienne ministre, qui a travaillé dans les soins de santé avant sa carrière politique, fait le bilan des failles de notre système des soins de santé. "Il est fortement basé et centré sur la gestion hospitalière, ce qui est important. Il faut tout faire pour protéger les patients et cela passe justement par cette gestion hospitalière", explique-t-elle. Mais la députée regrette que l’on s’adresse seulement maintenant aux médecins généralistes qui sont ceux qui connaissent le mieux le terrain. Les associer dès le début aurait permis une meilleure adhésion alors qu’actuelle "on saucissonne tout". Un autre exemple qui en revient à ce problème de communication pour Alda Greoli, députée wallonne cdH et ancienne ministre wallonne de la Santé.

 

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