Ce que vous devez savoir avant de prendre la route en France

Comme 36 millions d'automobilistes français, les conducteurs étrangers doivent obligatoirement disposer d’un éthylotest dans leur boîte à gants dès le 1er juillet. Autos et camions sont concernés, à l'exception des cyclomoteurs et des véhicules équipés d'un dispositif d'antidémarrage par éthylotest électronique. Ce dernier doit être homologué et installé par un professionnel agréé. Comme en Belgique, la limite légale pour conduire un véhicule est fixée à 0,5 pour mille. Les éthylotests sont parfaitement fiables, mais ne sont pas gradués. Ils se limitent donc à établir si le niveau de 0,5 pour mille est atteint ou non. 

Le défaut de possession d'un alcootest sera sanctionné d’une amende de 11 euros, mais elle ne sera perçue qu’à partir du 1er novembre 2012 pour laisser aux conducteurs le temps d’acquérir les éthylotests dans les magasins. Leur durée de vie maximum est de 2 ans.

Selon le porte-parole de l’association des Responsible Young Drivers, il faut posséder non pas un mais deux éthylotests. "Le premier pour se tester après avoir bu, et le second en cas de contrôle routier". Les sites français conseillent d’ailleurs d’en acquérir plusieurs, car en cas d’ébriété constatée, un second éthylotest sera le bienvenu pour s’assurer de la sobriété d’un éventuel passager prêt à prendre le relais.

Pour les vacanciers belges, inutile de se rendre au siège de l’association des jeunes conducteurs pour retirer des exemplaires. RYD ne les vend qu’aux associations par minimum de 100 pièces. En revanche, il est possible d’en trouver dans la grande distribution et dans les magasins spécialisés pour un prix unitaire de 1 à 2 euros. En France, les stations services des autoroutes sont en train de se constituer des stocks. Il ne devrait donc pas y avoir pénurie.

Interrogé sur l’utilité d’une telle mesure en Belgique, le porte-parole des Responsible Young Driver s’y est dit très favorable : "L’automobiliste contrôle bien sa vitesse depuis des années,  pourquoi pas son alcoolémie"?

Radar : la fin de l’impunité

Autre modification de taille : à partir du 30 juin, les automobilistes belges flashés par un radar automatique en France n’auront d’autre choix que de payer leur amende. A partir de cette date, l'Agence nationale du traitement automatisé des infractions (Antai), installée à Rennes, aura accès aux fichiers belges.

Selon le délégué interministériel à la Sécurité routière, Frédéric Péchenard, cité par AFP, " les conducteurs étrangers représentent environ 5% du trafic automobile, mais de 20 à 25% des flashs de radars automatiques pour excès de vitesse. "A partir du 30 juin, les Belges payeront leurs amendes". Le haut fonctionnaire assure que les conducteurs étrangers sont aussi impliqués dans 9% des accidents mortels.

Et bien sûr, le récent accord signé avec la Belgique fonctionnera dans les deux sens : un automobiliste français pourra, lui aussi, être poursuivi par les autorités belges.

Ces accords bilatéraux prennent les devants d’une directive européenne qui entrera en application en 2013. Elle établit la liste de huit infractions (excès de vitesse, feux rouges grillés...) donnant lieu obligatoirement à des poursuites au sein de l'UE.

Rappelons encore le déploiement dans l’hexagone de radars-tronçon, qui mesurent la vitesse moyenne des véhicules sur une portion de route de plusieurs kilomètres. Une quarantaine d’entre eux seront installés avant la fin de l’année.

Les "Alertes radars " deviennent " Zones de danger"

A l’instar de la Suisse, la France interdit la localisation précise de radars par des systèmes de géolocalisation. Depuis le 4 janvier 2012, les constructeurs de GPS ne sont donc plus autorisés à signaler l'emplacement des radars de manière précise. Et les sanctions sont lourdes : une amende de 1500 euros, la saisie de l’appareil et (pour les Français) un retrait de six points du permis de conduire.

Concrètement, les nouveaux appareils portent désormais le joli nom d’outils d'aide à la conduite. En France, Les navigateurs voient ainsi leurs  "Alertes radars" se transformer en "Zones de danger". Depuis janvier, tous les nouveaux GPS vendus se sont conformés à la loi française en indiquant simplement les zones de contrôle. Les anciens modèles doivent impérativement avoir été mis à jour. Et souvent ces mises à jour sont gratuites.

Les systèmes de navigation pour smartphones et ceux intégrés dans les véhicules posent toutefois question. Il semble (mais la situation reste floue) que les forces de l’ordre n’ont pas le droit de consulter le contenu d’un smartphone ni les données numériques du véhicule. Dans ces deux cas, faute de réglementation précise, les risques de constat d’infraction sont minces. Nous avons pu constater chez des concessionnaires belges que les mises à jour sont d’ailleurs parfois indisponibles pour les systèmes GPS embarqués. "On les attend pour la fin juillet", nous a confié l’un d’entre eux.

Alors quoi qu’il en soit, dès juillet, soyez prudent, avec ou sans GPS.  

JCV

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