Ce jeudi ensoleillé accueillait la journée mondiale du Bonheur

Image du film « Un vrai bonheur »  de Didier Caron
Image du film « Un vrai bonheur » de Didier Caron - © OFF - BELGAIMAGE

A la même date que les journées mondiales du moineau et du conte et des journées internationales "sans viande" et de la francophonie, l’ONU a décrété, depuis 2012, la journée mondiale du Bonheur. Et elle est célébrée le premier jour du printemps. Un signe?

Les Nations Unies appellent les politiques à mieux prendre en compte le bonheur dans leurs politiques. Seul problème, comment quantifier le bonheur? Depuis des dizaines d'années, les économistes se penchent sur la question et Laure Malchair a écrit un livre sur l'économie et le bonheur. Pour elle, le Produit Intérieur Brut, indicateur des richesses d'un pays, n'est pas suffisant. Il faut prendre en compte, d'autres indicateurs "On le sait tous, dans notre vie quotidienne, l’argent est une chose. Mais à côté de cela, il existe d’autres dimensions qui contribueront –ou pas- à notre bien-être. C’est l’éducation, la santé, le logement auquel on a accès ou la possibilité d’exercer certaines professions. Et tous ces éléments ne sont pas pris en compte dans le PIB. C’est aussi vrai pour les incidences au niveau environnemental. On peut mesurer la baisse du sentiment de bonheur de la population liée à cet événement précis. Alors que pour le PIB, seules les activités économiques comptent. "

Le top: 65 ans

Selon les statistiques, l’âge moyen où l’individu est le plus heureux est 65 ans alors que l’âge de l’étiage du bonheur est de 45 ans. Un moment où les responsabilités familiales et professionnelles sont plus nombreuses. Un âge aussi où sont remis en question certains objectifs et certaines illusions. A 65 ans, une forme de sagesse nous amène à prendre les choses avec plus de recul. Le fait de vivre en couple avec des relations sociales importantes nous rendrait aussi plus heureux.

C’est prouvé : l’argent ne fait pas le bonheur

Le bonheur est très subjectif, mais les scientifiques ont constaté que plus les individus se disent heureux, plus une zone du cerveau (cortex préfrontal gauche) est actif. Mais cela ne permet pas de parler de "région du bonheur", explique Elios Kotsou conférencier et chercheur ne psychologie à l’UC : "Le cerveau est un organe complexe. On peut observer des corrélations. Il y a des liens entre le bonheur tel qu’on le ressent subjectivement et ce qu’on mesure dans le cerveau."

Les scientifiques se sont donc intéressés aux conditions du bonheur. Ce ne sont que des statistiques, mais de fortes tendances se dessinent. "Lorsque l’on apporte beaucoup d’importances aux valeur ‘extrinsèques’ comme l’argent et la renommée, on est moins heureux que lorsqu’on valorise les valeurs intrinsèques comme la coopération ou les liens sociaux ".

Gagner au Lotto : deux ans de bonheur accru

Et inutile de chercher le bonheur à tout prix. Il vaut mieux profiter du moment présent, car l’humain s’adapte à tout. "C’est ce qui explique que les gagnants du Lotto reviennent au même niveau de bonheur deux ans plus tard ", illustre Elios Kotsou. Et c’est ce qui explique aussi que des personnes qui ont perdu l’usage de leurs membres ne présentent pas un niveau moyen de bonheur tellement différent de nous.

La Belgique travaille depuis des années sur des indicateurs de bien-être. Au niveau de la région par exemple, de nouveaux chiffres devraient être publiés fin de ce mois.

RTBF

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