Ce dimanche soir on ferme Doel 1 mais sans doute pas pour longtemps

Ce dimanche soir, la centrale nucléaire de Doel 1 va cesser de tourner
Ce dimanche soir, la centrale nucléaire de Doel 1 va cesser de tourner - © ERIC LALMAND - BELGA

C'est la fin provisoire d'une histoire pour la centrale nucléaire de Doel 1, la première construite en Belgique. Elle a 40 ans ce dimanche. Et comme la loi sur la sortie du nucléaire l'impose, elle va devoir cesser de tourner. Ce dimanche soir, entre 23h et minuit, elle sera découplée du réseau électrique. Les équipes d'Electrabel sont prêtes. Mais elles gardent un secret espoir: que le gouvernement Michel mette ses projets à exécution et prolonge de 10 ans le réacteur. Mais comme Tihange 1, le réacteur de Doel 1 devrait reprendre du service prochainement, assure Chrisine Marghem, ministre de l'Energie.

"C'est la première centrale qui fête ses 40 ans. C'est un peu triste de devoir l'arrêter. On aurait espéré de pouvoir prolonger directement de dix ans comme on va faire avec Tihange 1", regrette Wim de Clercq, le directeur de la branche nucléaire d'Electrabel. "Je pense qu'on doit concentrer nos efforts pour bien préparer la prolongation, faire un bon dossier auprès de l'agence, qui devrait prolonger Doel 1 et 2 de dix années supplémentaires". 

Prolonger de dix ans une centrale de 40 ans, ce ne serait pas un cas unique. Dans le monde entier, il y a plus de 100 centrales qui ont été prolongées de dix voire 20 ans au-delà des 40 ans d'exploitation, confie Wim de Clercq. "Techniquement, c'est tout-à-fait faisable. Il ne faut pas oublier que les centrales de Doel 1 et 2 sont des centrales performantes encore aujourd'hui. Et avec des investissements, on aura encore techniquement des centrales qui pourront tenir dix, voire 20 ans". 

Comment mettre la centrale à l'arrêt ?

Les techniciens d'Electrabel vont procéder ce dimanche soir à la déconnexion du réseau. Quelles sont les procédures à respecter pour cette mise à l'arrêt ? "On va traverser des étapes d'exploitation bien maîtrisée" vu que les centrales passaient en phase de révision chaque année, affirme Philippe van Troeye, patron du groupe.

"On va passer par un arrêt à froid. La centrale va se refroidir. Les systèmes de sécurité seront toujours en fonctionnement. Après la phase de refroidissement, on va ouvrir le réacteur et retirer les éléments combustibles pour les mettre dans la piscine. Une partie du combustible qui n'est pas complètement épuisé va être transféré sur l'unité de Doel 2. C'était le scénario qui était prévu depuis deux ans". 

"Cette fermeture n'est pas paradoxale"

La loi de sortie du nucléaire impose la fermeture des réacteurs à 40 ans et Electrabel a donc pris toutes les mesures pour se conformer au prescrit légal. Mais entretemps, le gouvernement Michel a décidé de prolonger de 10 ans cette centrale, tout comme celle de Doel 2 d'ailleurs. La négocitation avec Electrabel est donc en cours et la fermeture ne devrait être que provisoire

Pour la ministre fédérale de l'énergie, Marie Christine Marghem, cette situation n’est pas paradoxale : " La fermeture à l’âge de 40 ans de Doel 1 provient d’une imprécation légale qui n’était même pas une obligation, mais plutôt un principe général. La permission de produire de l’électricité est souhaitée par ce gouvernement et va se concrétiser par un avant-projet de loi qui sera déposé devant le parlement fédéral fin février, début mars, d’une part, et d’autre part dans la convention que je suis en train de négocier avec Electrabel. "

Pratiquement, on ferme donc pour mieux rouvrir, mais en se donnant des arguments pour mieux négocier avec les industriels : "Tihange 1 a été prolongée à l’âge de 38 ans jusqu’à 2025. On n’a pas attendu que le réacteur atteigne l’âge de 40 ans. Objectivement, il n’y a pas eu de différence entre les deux. C’est un processus de prolongement comme on l’avait fait pour Tihange1." argumente la ministre de l’Energie.

RTBF

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