Ce Belge a traversé la Tasmanie à pied en plein hiver: "Depuis cette nuit je n'ai plus de douleur permanente"

L'explorateur et aventurier Louis-Philippe Loncke a terminé fin septembre dernier son expédition en Tasmanie (Australie). Un territoire qu'il a traversée du nord au sud en 52 jours sans ravitaillement durant l'hiver austral. Le Belge, qui a parcouru à pied quelque 500 kilomètres en transportant des dizaines de kilos de vivres et de matériel, est arrivé en bonne santé mais a perdu 16 kilos à l'issue de son trek extrême.

Louis-Philippe Loncke était ce samedi l'invité du journal de 13h sur la Une. La voix encore cassée par l'effort, le corps marqué par son exploit. "Je suis tellement fatigué que j'espère que je vais trouver mes mots", confiait-il d'ailleurs avant de monter sur le plateau.

"Depuis cette nuit je n'ai plus de douleur permanente", dit-il à propos de ses orteils. Après son expédition précédente, il avait mis 18 mois pour sentir à nouveau l'extrémité de ses pieds. Mais cette fois-ci, celui que les Australiens ont surnommé le "mad Belgian" (le "Belge fou") pouvait compter sur des semelles imprimées en 3D rien que pour lui. Un travail effectué par la société RSscan Lab qui a aussi collaboré avec le coureur jamaïcain Usain Bolt.

Mais pourquoi se lancer dans de telles aventures qui poussent le corps humain dans ses derniers retranchements? "La première raison pour laquelle je choisis le projet, c'est pour voir des beaux paysages." Ensuite, vient la volonté d'aller au bout de l'effort, coûte que coûte. "Si je prenais de la nourriture toutes les semaines, alors pourquoi ne pas me faire livrer un repas chaud tous les jours ?"

La mort ? "Ça fait partie des risques"

Partir seul, c'est aussi risquer d'avoir un accident au détour d'un chemin, loin de toute assistance. Mais la mort ne semble pas effrayer le jeune homme. "Je sais que ça fait partie des risques. Pour l'instant ça me réussit, même si je ne reviens pas toujours à 100% de mes capacités. Ça fait partie du jeu."

Et puis il y a l'aspect scientifique. Louis-Philippe Loncke participe à programme centré sur les décisions sous stress en environnement extrême. Soumis à un protocole de tests tous les trois jours, il devait se soumettre seul à un questionnaire psychologique. Parmi les tâches demandées: "Citer des lettres de l'alphabet de la manière la plus aléatoire possible". Dans les derniers jours, il parvenait à peine à le faire "comme si on faisait un effort physique pour aller chercher dans son cerveau".

Quant aux dizaines de kilos portés sur son dos, l'explorateur la joue modeste. Il évoque cet homme croisé sur un sentier au Népal. Il transportait un tube d’égout pesant plus de 100 kg. Donc une quarantaine de kilos, après tout, "ce n'est pas si dingue". Il n'empêche, concède-t-il, "au-dessus de 40 kg c'est une douleur permanente sur les épaules".

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