CCC: l'attentat de la rue des Sols à Bruxelles a trente ans

Rue des Sols. Le 1er mai 1985. Il est minuit. Les individus garent une camionnette piégée devant le siège de la FEB (Fédération des Entreprises de Belgique). Ils préviennent la police. 

Les tracts laissés par les CCC le 1er mai 1985 en guise d'avertissement sont accessibles ci-dessous. "Nous détruisons le siège du patronat", pouvait-on y lire.

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CCC: l'attentat de la rue des Sols à Bruxelles a trente ans © Tous droits réservés
CCC: l'attentat de la rue des Sols à Bruxelles a trente ans © Tous droits réservés

Une patrouille de gendarmerie interviendra. Seulement voilà, elle se rend à la mauvaise entrée : Rue Ravenstein sans y voir la moindre camionnette. Forcément, elle est plus bas, à la rue des Sols, devant la seconde entrée de la FEB. Les pompiers, mal informés, interviennent au moment où la camionnette explose. Deux hommes du feu vont y laisser la vie.

Un cratère et plus d’entrée

De la voiture, il ne reste que deux essieux. La charge explosive a créé un cratère au sol. Paysage de guerre. Il ne reste plus rien de l’entrée de la Fédération des Entreprises de Belgique. Au mont des Arts, les vitrines des magasins n’ont pas résisté. Les bureaux du Conseil économique et social sont eux aussi ravagés. Les deux pompiers morts auront droit à des funérailles nationales.

Trente attentats en un an

L’attentat de la rue des Sols fut le plus meurtrier, mais il ne fut pas le seul. Les Cellules Communistes Combattantes comptent une trentaine de plasticage à leur tableau. Leur cible : le patronat, les banques, l’armée, les partis politiques ou encore cinq pipe-lines de l’Otan qu’ils font exploser.

Arrêtés dans un Quick de Namur

Le 16 décembre 1985, la police judiciaire met fin à la cavale des quatre fugitifs : Pierre Carette, Bertrand Sassoye, Didier Chevolet et Pascale Vandergeerde. Leur macabre parcours aura duré un peu plus d’une année.

Instruction fleuve et procès mammouth

Trois ans d’instruction seront nécessaires pour rédiger un rapport de 50 000 pages débattues aux assises de Bruxelles en octobre 88. Un procès durant lequel les quatre accusés s’enfermeront dans un mutisme complet. Lors d’une audience, la Cour et les jurés entendront la bande contenant le message d’alerte laissé par les CCC. On constatera alors que la gendarmerie avait dissimulé le fait que les poseurs de bombes avaient bien indiqué, dans leur appel, la localisation précise de la voiture piégée. Un élément qui semble indiquer que les CCC n’avaient pas l’intention délibérée de faire des victimes. Une absence d’intention de tuer que la juge d’instruction elle-même a défendu lors du procès.

17 ans de prison pour Carette

Ils écopent au final de la prison à perpétuité. Une " machine à condamner " déclareront- ils plus tard. Ils seront finalement libérés après 14 ans de prison pour trois d’entre eux, 17 ans pour le fondateur, Pierre Carette.

En trente ans, ils n’ont d’ailleurs jamais renié leur combat. L’histoire, elle, retiendra ces images et les visages de ces deux hommes. Pompiers morts en service il y a aujourdhui trente ans aujourd’hui.

Alain Dremiere

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