Catastrophe de Buizingen: "Il y a encore beaucoup à faire" côté sécurité

Son père, Panayotis Andronikos, était ce mercredi l'invité de notre JT de 13h. Cinq après avoir perdu son fils, il attend avant tout le procès. "Disons que nous voulons connaître les causes précises de la catastrophe, cela permet aux familles de victimes, aux blessés et aux usagers de se rassurer et de se reconstruire, confie-t-il. Aujourd'hui, après cinq ans, on n'a toujours pas de nouvelles à ce sujet, et c'est très pénible pour tout le monde."

Panayotis Andronikos est également impliqué dans l'association "Catastrophe ferroviaire de Buizingen : plus jamais", dont il est vice-président. "On se bat pour connaître les causes de l'accident", dit-il.

Plusieurs éléments assez précis ont toutefois été avancés, notamment dans le rapport de l'Organisme d'Enquête sur les Accidents et Incidents Ferroviaires, achevé en mai 2012, mais aussi plus récemment suite à l'enquête - toujours en cours - menée par le parquet de Hal-Vilvorde, qui conclut à une défaillance du conducteur d'un des trains : il a brûlé un feu rouge.

"Une augmentation des dépassements de signaux"

Sont également pointées les défaillances en matière d'infrastructure du côté d'Infrabel, qui a désormais mis en place un meilleur réseau de freinage automatique. Mais cela suffit-il ? Pas si sûr.

"Si on s'en réfère aux chiffres : de 2013 à 2014, il y a eu une augmentation des dépassements de signaux, illustre Panayotis Andronikos. Il est toutefois incontestable que le chemin de fer travaille sur la sécurité, mais il y a encore beaucoup à faire."

"Ce qui est important, c'est d'avoir une sécurité amplifiée au moment d'un franchissement de ce signal. Il pourrait par exemple s'agir de couper automatiquement le courant électrique en cas de dépassement d'un signal. Cela pourrait, me semble-t-il, apporter quelque chose de positif."

Prescription en 2020

Quant aux responsabilités, elles doivent être concrètement établies lors d'un procès, initialement prévu en 2014, mais que les familles des victimes attendent toujours. Il doit avoir lieu avant 2020, sinon il y aura prescription. Reste qu'il manque toujours les résultats complets de l'enquête judiciaire et des rapports d'experts indépendants.

Entre-temps, il y a tout de même eu des indemnités : les familles ont touché environ 21 000 euros, même si cela ne compensera jamais la perte d'un être cher, comme le rappelle Panayotis Andronikos.

Thomas Mignon

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