Castration de moustiques : un espoir face au paludisme

Une nouvelle méthode moins nocive pour l'environnement et les habitants
Une nouvelle méthode moins nocive pour l'environnement et les habitants - © EPA/M.A.PUSHPA KUMARA

Une équipe de scientifiques vient de mettre au point une nouvelle façon d’enrayer la propagation de paludisme dans les pays touchés. Ils ont réussi à créer des moustiques mâles stériles.

Une équipe de recherche italienne et britannique a peut-être trouvé un nouveau moyen de lutter efficacement contre le paludisme. Leur technique : créer des moustiques mâles dépourvus de sperme. Cette maladie est en effet généralement transmise par les piqures de ces petits vampires.

Le but de cette découverte est de faire baisser la population de moustiques dans les régions touchées : "Si les moustiques ne se reproduisent plus, leur nombre va décroître dans la nature et avec eux, les chances de voir le paludisme se propager" déclare à ABC, Flaminia Catteruccia, co-auteure de l’étude.

Bien que le paludisme soit transmis par de nombreuses espèces de moustiques, les mâles génétiquement modifiés sont tous de la même espèce. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cela offre plusieurs avantages majeurs selon les scientifiques. D’abord, s’attaquer à une seule espèce modifie très peu l’écosystème local. Ensuite le moustique "Anopheles", choisi par les scientifiques, est monogame. Les femelles éprises d’un mâle stérile n’iront donc instinctivement pas chercher à aller voir un prétendant plus productif.

Enfin fabriquer du sperme demande de l’énergie. Les mâles génétiquement modifiés, exempts de cet effort,  paraîtront donc plus vigoureux aux yeux des femelles. De quoi augmenter encore un peu plus l’efficacité de cette technique.

Une avancée parmi tant d’autres

Créer des moustiques incapables de voler, leur injecter des champignons qui ralentissent la transmission du paludisme ou des bactéries qui divisent leur espérance de vie par deux, ce n’est pas la première fois qu’une technique scientifique est utilisée pour ralentir la progression de la maladie. Des moyens alternatifs indispensables selon les chercheurs, car ils ne mettent pas en danger les écosystèmes auxquels les moustiques appartiennent.

Le dernier rapport de l’OMS datant de 2008, indiquait que le paludisme était responsable de plus d’un million de décès dans le monde. Quelques 247 millions de personnes sont infectées, essentiellement en Afrique.

 

Stanley Destrée avec ABC

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