Cas détectés en baisse, mais tests aussi, et taux de positivité en hausse : les contaminations au Covid-19 diminuent-elles vraiment en Belgique ?

C’est un éternel débat, semblable à celui de l’oeuf et de la poule, quand les deux tendances sont similaires : le nombre de cas détectés augmente-t-il parce que le nombre de tests augmente, ou est-ce qu’on teste plus parce qu’il y a plus de contaminations ? Actuellement, la question est inversée : le nombre de cas détectés est en baisse. Mais le nombre de tests aussi.

Alors, le nombre de cas détectés baisse-t-il parce qu’on ne teste plus assez ? Ou comme les contaminations diminuent, y a-t-il moins de raisons de tester ? Eléments de réponse.

1. Un taux de positivité qui ne cesse de grimper

Un premier élément de réponse important est le taux de positivité, c’est-à-dire le pourcentage de tests positifs sur l’ensemble de ceux qui ont été réalisés. Si le nombre de tests est en baisse, mais que le taux de positivité aussi, ou du moins qu’il reste assez stable il y a tout lieu de penser que les transmissions sont bien en train de diminuer. Comme il y a moins de gens symptomatiques et moins de gens contaminés, il y a alors logiquement moins de gens qui demandent un test.

Malheureusement, on est ici dans la situation inverse : le taux de positivité ne cesse de monter depuis une semaine, passant de 7,8 à 8,9%, un nouveau record en 2021. Une situation qui inquiète fortement le biostatisticien Geert Molenberghs, interrogé par la Gazet van Antwerpen : "Il continue d’augmenter, même très rapidement. J’ai l’impression que les gens ne se font pas dépister rapidement pendant les vacances, ils laissent la maladie suivre son cours et ne se font dépister que lorsqu’ils tombent vraiment malades".

Il rappelle que les testings organisés dans des structures comme les écoles permettent aussi d’identifier des asymptomatiques, qu’on peut isoler et éviter ainsi qu’ils n’infectent d’autres personnes : "Cela reste important. L’épidémie ne diminuera que lorsque le ratio de positivité et le nombre d’infections diminuent" estime-t-il.

2. Des cas qui diminuent surtout chez les plus jeunes… mais dans les autres tranches d’âge aussi

Un deuxième élément qui peut renseigner sur la réalité de la baisse des contaminations est de regarder l’évolution des cas détectés par tranche d’âge. La plus grosse baisse concerne effectivement les 0-9 ans (-40%) et les 10-19 ans (-31%)... là où les tests ont le plus baissé aussi. MAIS ils baissent aussi dans les autres tranches d’âge, alors qu’il y a peu de raisons par exemple que les seniors se fassent tester différemment à cause des vacances. Cela laisse penser qu’il pourrait quand même y avoir une diminution globale des transmissions.


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La hausse globale du taux de positivité s’expliquerait essentiellement parce que les jeunes qui se font tester sont plus souvent symptomatiques ou cas à haut risque d’une personne proche, et il y a donc parmi ces testés plus de positifs. Mais comme ils fréquentent moins de personnes en n’allant plus à l’école, il est fort possible aussi que la baisse des cas parmi les jeunes corresponde aussi à une certaine réalité.

Le fait que le taux de positivité augmente dans toutes les tranches d’âge doit néanmoins inciter à la prudence. Mais la vaccination peut aussi jouer un rôle: les tests peuvent en effet s'avérer positifs sans que la personne, vaccinée, ne développe la maladie.

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Evolution des tests et du taux de positivité par tranche d’âge. © Sciensano

3. Des admissions qui ont baissé… mais peu et pas longtemps

Si le nombre de contaminations peut être sous-estimé, celui des admissions, dont la courbe est en léger décalage, est lui plus objectif. Or, que constate-t-on ? Après quelques jours de baisse effective, ce nombre d’admissions semble ne plus diminuer ces derniers jours, mais plutôt se stabiliser. Il est donc à craindre que la baisse des contaminations ait été réelle dans un premier temps, mais pas aussi importante qu’on l’aurait espéré.

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