Caroline Pauwels, rectrice de la VUB, est atteinte d'un cancer: "Je me bats pour la vie pas contre la maladie"

En cette journée mondiale contre le cancer ce 4 février, la rectrice de la VUB, Caroline Pauwels était l’invitée de Matin Première. En juin dernier, les médecins lui ont diagnostiqué un cancer de l’estomac et de l’œsophage. Depuis, elle a décidé de témoigner de son combat contre la maladie, avec un optimisme assez inspirant.

J’essaie de positiver

Figure médiatique au Nord du pays, Caroline Pauwels explique ne pas avoir été surprise par l’annonce de son cancer : C’était plutôt une vérification des faits. Ça ne m’a pas abasourdie. Je me suis retrouvée dans ce lot avec d’autres personnes qui entendent ce même message. Ma réaction a tout de suite été de me dire ‘voilà, il faut faire face’". Faire face en positivant, voilà directement le choix qu’a fait Caroline Pauwels. "J’étais déjà de nature optimiste. Je crois que je le suis encore plus depuis que je suis malade. Il y a beaucoup de choses qui m’émerveillent. Je pense que je me suis étonnée et émerveillée de ce que les gens pouvaient faire pour moi, pour nous. On est entouré par les scientifiques et par cette vague d’amitié et d’amour. C’est quelque chose d’exceptionnel aussi".

Pour autant Caroline Pauwels ne nie pas qu’elle est malade : "On ne peut pas nier cette maladie. Les thérapies sont trop importantes, ont un impact assez lourd. Mais le fait d’essayer d’approcher cette maladie en me disant qu’il faut faire face, cela m’a un peu rassurée. Cela ne veut pas dire que tous les jours je suis en train de siffler dans les couloirs de la VUB. J’avais aussi l’option de me dire ‘je suis malade, maintenant tout s’arrête’; et c’est vrai qu’il y a des jours où je me dis qu’il n’y a pas d’avenir. Mais je vis au jour le jour. Je recherche sans doute plus qu’avant les choses positives. Donc j’essaie de positiver et pas d’édulcorer".

Ce qui était très difficile, ce sont les enfants

Caroline Pauwels est mère de deux enfants. Leur annoncer son cancer a été une réelle épreuve. "Ils étaient tous les deux à l’étranger. D’ailleurs, j’ai fait revenir ma fille un peu plus tôt. Et annoncer la nouvelle à sa propre mère, c’est aussi très difficile". Mais visiblement, son entourage a suivi cette vague d’optimisme : "Tout le monde s’est aussi dit : ‘Ça y est, tu n’es pas l’exception à la règle. Ça pouvait arriver à notre famille, ça pouvait arriver à toi, à tout un chacun. Et maintenant il faut aller de l’avant'. Mais dans le même temps, on vit dans un monde parallèle alors que la vie du quotidien, elle, continue".

Le fait de savoir qu’on peut mettre un terme à une souffrance, c’est rassurant pour moi

Outre cet optimisme débordant, Caroloine Pauwels veut rester réaliste. "Je n’ai pas du tout la conviction d’être sauvée en ce moment. Les thérapies continuent", nuance-t-elle. "Mais je ne veux pas me restreindre d’avoir des projets sur le court, moyen et long terme". La rectrice de la VUB se présente d’ailleurs pour un second mandat à la tête de l’université. D’un autre côté, elle se dit aussi soulagée de pouvoir décider de tout arrêter quand elle le souhaite : "Même si le procès récent sur l’euthanasie était assez difficile, le fait d’être dans un pays où il y a un droit sur sa propre vie, c’est important. Je crois que le fait de savoir qu’on peut mettre un terme à une souffrance, avoir cette possibilité, c’est rassurant pour moi. Je n’irai pas plus loin que l’insupportable. Cela, je l’ai dit clairement et les gens autour de moi le savent. Je ne prendrais pas cette décision à la légère mais à un certain moment, je crois qu’il faut accepter que c’est trop difficile." Mais Caroline Pauwels est encore loin de se poser cette question.

Je crois en mes chances est en la science

Les avancées scientifiques sont également source d’espoir. "C’est une maladie dont on peut guérir. Le fait de savoir que la médecine avance, qu’on dépense beaucoup d’argent pour les recherches contre le cancer et que ce sont des chercheurs très motivés, tout cela est très positif." Caroline Pauwels pointe également une meilleure adaptation des traitements aux patients : "Ce qui est très bien aujourd’hui, c’est qu’on arrive à mesurer l’impact des thérapies, beaucoup plus qu’avant. Donc on arrête les thérapies quand on sait que le corps n’arrive plus à avaler ses contraintes. Et je crois qu’avant, on continuait".

Sans vouloir se faire porte-parole des malades contre le cancer car "chaque histoire est individuelle", explique-t-elle, Caroline Pauwels tient à témoigner espérant ainsi "donner du courage aux malades". "C’est l’énergie qui émane des gens qui permet de tenir debout".

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