Caroline Désir : " les apprentissages centrés sur les essentiels, les épreuves certificatives auront bien lieu"

Cette année scolaire exceptionnelle ne sera pas synonyme de nivellement par le bas, assure la ministre de l’Education Caroline Désir, invitée ce matin de Thomas Gadisseux sur la Première ; mais on ne peut pas "demander l’impossible aux enseignants", et on doit s’assurer d’un "certain niveau d’apprentissage".

Dès lors, il a été décidé de concentrer les apprentissages sur ce qui a été défini comme les "essentiels", c’est-à-dire les "points de matières, les points de programme, qu’on doit absolument avoir vu cette année pour pouvoir construire la suite des apprentissages. Si on se concentre là-dessus, on va pouvoir continuer la scolarité normalement, et les enseignants, les élèves, ne seront pas surpris par ce qui va se présenter comme épreuves certificatives externes, je pense au CEB, au CE1D, au CESS".

Objectif : que les épreuves aient bien lieu

Car ces épreuves devraient bien avoir lieu. "En tout cas c’est l’objectif, sauf catastrophe (si l’épidémie dérape de nouveau) en matière d’organisation de nos écoles". Les essentiels bien définis, certains points de programme pourraient cependant être laissés de côté.

Pas de date, mais une consultation permanente avec les experts pour un retour progressif en classe. La ministre de l’Education, Caroline Désir entend bien organiser un retour vers les écoles d’ici Pâques, mais "pas question d’ouvrir les vannes".

Schéma de sortie du code rouge après le 26 février

Le maintien du code rouge sera assuré jusqu’au 26 février, date du prochain comité de concertation et ensuite, "on travaillera à un schéma de sortie, dont on mesurera les effets". Parce qu’il y a aussi l’enseignement supérieur, parce qu’il y a d’autres secteurs, et qu’il faut avancer pas par pas. "Rouvrir à 100% de présentiel pour tout le monde en même temps, cela veut dire remettre beaucoup d’adolescents en circulation ensemble et donc il y a toujours un danger".

Des "super-héros" pas en première ligne pour les vaccins

Les enseignants, ces "super-héros du quotidien", comme les qualifie la ministre ne seront pas dans les catégories prioritaires pour les vaccinations, en dépit des demandes. Aurait-on créé de faux espoirs ?

"La Fédération Wallonie Bruxelles a toujours défendu la vaccination prioritaire des enseignants si on définissait des catégories professionnelles prioritaires. Mais la vraie question qui se pose aujourd’hui, c’est celle des doses disponibles. On doit vacciner prioritairement les publics âgés, les plus de 65 ans, et les publics qui présentent des fragilités, des comorbidités.

Rien que cela, c’est plusieurs millions de personnes. Aujourd’hui avec les doses qui se présentent, il n’y a pas la capacité pour définir en plus des catégories prioritaires à court terme. Mais si on devait en définir, les enseignants en feraient partie, parce qu’ils sont en plus sur le front depuis le début de cette crise".

Projet pilote de tests salivaires

Un projet pilote vient d’être mis sur pied par les ministres de la Santé afin de détecter précocement si des cas sont présents dans les écoles. "Après les vacances, on procédera à des tests salivaires auprès du personnel de 15 écoles, une nouvelle technique, pas encore utilisée. Le personnel des écoles pourra faire des prélèvements à domicile et ensuite ces kits seront rassemblés et envoyés ver les labos, c’est assez rapide et cela permettra de déclencher le processus de testing classique si on voit apparaître des cas de contamination dans une école".

On a aujourd’hui des autorités sanitaires très réactives

La situation épidémique est actuellement assez stable dans les écoles depuis le code rouge, note la ministre. "29 écoles fermées sur 2700 implantations. On a aujourd’hui des autorités sanitaires très réactives, les centres de testing ont retrouvé des capacités suffisantes, c’est assez fluide et tout fonctionne assez bien. Cela nous permet de réagir rapidement et de circonscrire les contaminations".

Elèves en détresse, élèves en décrochage

Reste la question de la détresse de certains élèves, et celle du décrochage scolaire. Selon la FAPEO (la fédération de l’association des parents de l’enseignement officiel) on dénombre deux fois plus d’absences injustifiées.

"Ce sont bien les chiffres des signalements, à savoir quand un élève cumule plus de 9 demi-jours d’absence son cas est signalé à l’administration et on déclenche une procédure pour le raccrocher, on écrit à ses parents, on demande un entretien, on rappelle l’obligation scolaire. On n’est pas pour autant dans un décrochage profond […]".

19 millions pour renforcer les équipes

Mais devant la détresse et les appels au secours des élèves, des parents, des centres PMS, des psychologues, un fonds d’urgence a été dégagé pour pouvoir renforcer les équipes. "19 millions d’euros pour renforcer les équipes, engager des éducateurs dans les écoles secondaires et renforcer les équipes des CPMS. Il va falloir réparer les dégâts de cette crise sur le plan pédagogique mais aussi psychologique : si les élèves ne sont pas bien ans leur peau, ils ne sont pas en mesure d’apprendre, c’est notre responsabilité de réagir maintenant dans l’urgence".

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