Carlo Di Antonio: "Il faut changer la définition du foie gras qui impose le gavage"

Carlo Di Antonio, ministre du Gouvernement wallon aux nombreuses casquettes - Environnement, Transition écologique, Aménagement du territoire, Travaux publics, Mobilité, Transports, Bien-être animal et Zonings – était l'invité de Matin Première. Il est revenu sur les récentes restrictions imposées par le Gouvernement wallon suite aux récents épisodes caniculaires, les mesures à prendre face à l'oxyde d'azote et le gavage des oies.

La canicule sera sans conséquence à moyen et long termes, rassure le ministre. "Maintenant, il faut que cet hiver, cet automne, les recharges se fassent correctement, que les réserves se remplissent de nouveau." La sécheresse n'a pas un imposé de restrictions dures, les réserves d'eau sont encore suffisantes aujourd'hui.

Des mesures accueillies positivement

Seules 9 communes se sont vu imposer des mesures anti-gaspillage, Carlo Di Antonio assure qu'elles sont suivies par ses habitants : "Il y a une forte sensibilisation locale. Les bourgmestres ont bien réagi en prenant les arrêtés qui s’imposaient".

Quant à l'interdiction de pêcher dans les eaux vives, la mesure est bien accueillie chez les as de la canne. "C’est simplement les cours d’eau qui ne débitaient plus assez, donc les poissons vont se réfugier à certains endroits, ça n’aurait plus de sens de les pêcher."

Pour l'heure, difficile de savoir combien de temps ces mesures seront maintenues. Prochaine réunion de la cellule de crise programmée mardi prochain, avec peut-être un peu de pluie entre-temps. Mais selon le ministre, "on va devoir maintenir les mesures encore quelques semaines".

Face à l'oxyde d'azote, créer des "rues scolaires"

La canicule n'a pas imposé de restrictions telles qu'en France, avec des pics dans la concentration d'ozone, les seuils critiques n'ayant pas été atteints. "La seule chose était d’éviter d’avoir une activité physique importante dans les moments où l’ozone était le plus élevé", rappelle Carlo Di Antonio.

Un panel de mesures tel qu'en France n'existe pas, mais le gouvernement wallon y travaille "pour les oxydes d’azote qui sont la conséquence directe du trafic, notamment automobile. Nous prévoyons de protéger certaines zones, les abords des écoles. Au moment où on dépose les enfants, où on les reprend, on a des taux qui augmentent considérablement. Nous pourrons interdire la circulation à certains moments, la limiter à certains types de véhicules".

Le problème, ce n'est pas le foie gras, mais sa définition

La protection animale est aussi à l'ordre du jour, le ministre a récemment signé un arrêté qui vise à mettre en place un comité d'éthique indépendant pour inspecter les parcs zoologiques. "Il va pouvoir forcer des décisions : ‘Quelles espèces ? Dans quelles conditions ? Quelle superficie ? Comment on les présente au public ? Comment on gère la reproduction ?’"

Carlo Di Antonio est par ailleurs un fervent ennemi du gavage des oies et des canards. "Nourrir des animaux de force est interdit en Europe", le gavage pour produire du foie gras en est une exception.

Le problème réside, non pas dans la production de foie gras, mais bien dans sa définition, selon Carlo Di Antonio : "J’aimerais qu’au niveau européen on permette d’avoir du foie gras sans gavage, en changeant la définition qui impose aujourd'hui que ce foie fasse 300 grammes. Si on fait sauter cette limite, on peut obtenir un foie plus petit mais sans gaver". La pratique existe déjà, certains producteurs fabriquent un foie gras, préparé, mais qui ne peut porter cette appellation.

La Flandre a sauté le pas en interdisant le gavage, mais "c’est un peu facile", estime le ministre, "il n’y avait qu’un producteur, ils vont l’indemniser. Il y en a une dizaine en Wallonie. Interdire uniquement en Wallonie servirait juste à pénaliser ces éleveurs et le foie gras viendrait de France, de Hongrie, des quelques pays européens qui l’autorisent encore".

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