Cap48 : le sport permet aux personnes handicapées de se reconstruire et de s'évader

Louis Toussaint, champion d'aviron paraplégique
Louis Toussaint, champion d'aviron paraplégique - © rtbf

Louis Toussaint a commencé le cyclisme à l’âge de sept ans. C’est son père qui lui a transmis le virus de ce sport. Très vite, Louis obtient de bons résultats en bataillant pour la victoire quasiment à chaque course. Champion de Wallonie en 2011, Louis Toussaint rêve d’une carrière professionnelle mais lors d’un entraînement, sa vie prend un virage inattendu.

Une nouvelle course, pour une nouvelle vie

Le vendredi treize avril 2012 alors qu’il s’entraînait sur les routes de sa région, il percute une camionnette d’élagage stationnée sur le bord de la route. Louis Toussaint est emmené d’urgence à l’hôpital. Louis a 16 ans lorsque son médecin annonce qu’il est paraplégique. Après des moments compliqués, il décide très vite de se battre pour se reconstruire au centre de revalidation. Louis se lance dans une nouvelle course ; celle de sa nouvelle vie : "Il y a eu un déclic à un moment où je me suis dit c’est comme ça. De toute façon, tout le monde regarde tout le monde. Tout le monde juge tout le monde. Avoir mon accident durant mon adolescence, cela m’a permis de comprendre que j’étais " moi ". Et je n’ai pas eu de problème pour trouver ma place dans la société parce que cela m’a obligé à m’aimer comme j’étais."

Depuis sa tendre enfance, louis ne vit que pour le cyclisme, le sport. Il pense rapidement à son avenir professionnel et le journalisme sportif est une évidence. Cela fait deux ans qu’il réalise des reportages pour Canal C la télévision locale namuroise. Pourtant, il pensait dans un premier temps cacher son handicap : "Si je faisais de la radio, on ne verrait pas que je suis en chaise. Et puis en vivant tout simplement, je me suis rendu compte que j’étais encore normal. Et que la chaise n’était pas un problème pour faire un métier où il faut bouger. Parce qu’un métier de bureau, cela ne me convient pas."

Réaliser ses rêves comme tout le monde

Au fil de ses rencontres et de ses défis, il apprend à assumer son handicap. Gregory Anciaux, journaliste chez Canal C, n’est autre que celui qui a couvert en 2012 le tragique accident de Louis. Sa détermination et sa personnalité ont convaincu la chaîne de lui offrir sa chance. Gregory Anciaux nous raconte : "Je n’aurai pas imaginé, il y a sept ans, qu’on serait collègue dans la même rédaction et qu’on travaillerait ensemble. Mais c’est évidemment de la ténacité, de la pugnacité de la part de Louis qui est un exemple en termes de courage et de volonté."

Le sport comme exutoire

Louis Toussaint aime relever des défis. C’est par hasard qu’il découvre une autre discipline, l’aviron. Un sport qui convient à son handicap et qui lui offre un sentiment de liberté : "Quand je fais de l’aviron et que je suis tout seul, je n’ai pas du tout l’impression d’avoir un handicap. Parfois ce qu’on recherche, en tant que personne handicapée, c’est de pouvoir être plus libre et de s’évader un petit peu au quotidien. Le sport est sans doute un exutoire important pour les personnes handicapées. Pour pouvoir continuer à vivre et rencontrer des gens pour ne pas rester chez soi à déprimer."

Trois fois champion de Belgique, médaille de bronze à la coupe du monde et une onzième place aux championnats du monde, rien n’arrête le rameur de l’équipe nationale de handisport. Son entraîneur, Louis Timmers, le connaît depuis ses débuts avec cette inoxydable volonté de repousser ses limites. Il nous le confirme avec émotion : "Il est d’une volonté, d’une abnégation incroyable. C’est lui qui veut toujours faire plus, même qu’à la limite, je dois souvent le freiner. C’est un super exemple pour beaucoup d’entre nous qui sommes sur nos deux jambes."

Malgré son handicap, Louis Toussaint n’a cessé de garder le même cap à savoir réaliser ses rêves. Avec cette fois-ci à l’horizon, les prochains jeux paralympiques de Tokyo.

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