Cap 48 : quand une jeune fille gravement accidentée réalise ses rêves 8 ans plus tard

Anais est une jeune femme de 25 ans qui aujourd’hui a une vie bien remplie, malgré un sérieux handicap dont elle a fait une force.  Quand elle avait 17 ans, un bus scolaire lui a roulé sur le pied. Résultat : une inévitable amputation sous le genou. Anais danse depuis l’âge de trois ans, et a toujours voulu ouvrir sa propre école. 

La danse c’est toute ma force.

À force de persévérance et de passion, elle a effectué sa revalidation elle-même pour poursuivre son rêve. C'est sa prothèse qui lui a permis de se dépasser. Aujourd'hui, en plus de son travail, cette maman de deux petites filles, transmet son énergie et sa détermination aux élèves à qui elle donne cours de danse.

"La danse c’est toute ma force. Quand j’étais petite, je pratiquais ce sport au moins dix heures par semaine. Quand j’étais punie et que je ne pouvais pas aller à mon cours, je pleurais beaucoup et j’étais déprimée."  

Le 26 avril 2012, la vie d’Anaïs bascule sur le chemin de l’école. Elle est percutée par un bus dont le chauffeur tentait d’éviter un camion. Elle a le pied écrasé.

Déterminée à mener une vie ordinaire

Lorsqu’on lui annonce une amputation, le monde s’écroule et elle imagine son rêve envolé à jamais. "Sur le moment, j’ai cru que tout était fini pour moi. Mais j’ai fait preuve de force de caractère et je me suis dit : à présent Anaïs, tu te lèves, tu danses, tu crées ta famille, tu vas travailler et tu vis comme tout le monde". À ce moment, Anaïs a tout mis en œuvre pour mener une vie ordinaire.

 

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© RTBF

Volontaire, elle est préférée à bien d'autres candidats pour un poste d'assistante de direction. "C’est très agréable de travailler avec elle. Elle a envie d’apprendre, de progresser, de se dépasser et elle est toujours à l’écoute", explique son employeur.

La volonté de créer une famille

Depuis son accident, Anaïs a réussi à réaliser son autre rêve : celui de fonder une famille. A 25 ans, cette maman comblée, transmet chaque jour tout son amour et sa détermination à ses deux petites filles, Mélia et Evy. "Avoir des enfants ce n’est pas si facile. Ça demande beaucoup d’énergie mais j’ai décidé malgré tout de foncer et de fonder ma famille. J’avais tellement hâte de montrer à mes enfants la maman que je suis et ce que je peux faire avec ma jambe. J’avais l’impression que j’allais pouvoir leur transmettre ma force, pour vivre avec quelqu’un qui a perdu une jambe".

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Anaïs Jadot et ses deux filles © RTBF

Au-delà des rêves, la passion

En sortant de l’hôpital, Anaïs ne renonce pas à continuer à enseigner la danse, sa passion de toujours. Car c’est bien elle, la danse, qui lui a permis de dépasser ses nouvelles limites. Elle s'est battue, accrochée, entrainée avec une force de caractère hors du commun. Aujourd'hui elle donne cours à une quarantaine d'élèves. "Je pense qu’elles sont fières de danser avec une personne " différente ". J’aime partager ma passion, mais aussi ce que j’arrive à faire."  

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Anaïs Jadot donne cours de danse © RTBF

La directrice de l'école de danse connait Anais depuis bien longtemps. Elle se souvient parfaitement de l’accident, mais aussi de la motivation indéfectible de sa danseuse pour revenir sur les planches. "On a cru que c’était fini pour elle, mais elle a tel un tempérament, qu’elle a pu remonter la pente grâce à la danse. C’est une battante, une guerrière. Chapeau à elle ", nous dit Marjorie Wantens.

Toutes les élèves d’Anaïs se sont inscrites dans les pas de leur professeure avec admiration. "Elle m’inspire énormément, c’est un véritable exemple pour moi ", nous dit l’une d’entre elles.  

Force de caractère, courage, amour, passion et résilience ont permis à Anais de reprendre le cours de sa vie et d'exaucer ses rêves.

 

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