CAP 48: aider les mineurs non accompagnés à trouver leurs marques

On l’oublie parfois, mais CAP 48 n’agit pas uniquement en faveur des personnes handicapées. L’opération aide aussi la jeunesse en difficulté. L’an dernier, elle a ainsi soutenu Mentor-Escale, une association qui travaille avec un public particulièrement vulnérable : les mineurs étrangers non accompagnés (MENA).

Farahman, avait 14 ans lorsqu’il a quitté l’Afghanistan. Parti sans sa famille, il a dû se débrouiller seul dès son arrivée en Belgique. "Je n’avais aucune idée de comment me débrouiller ici, se souvient le jeune homme âgé de 18 ans aujourd’hui. Je ne parlais ni le Français, ni le Néérlandais, je ne comprenais rien." Comme tous les MENA, Farahman a été pris en chargé par un centre Fedasil à son arrivée en Belgique. Mais cette aide s’est rapidement arrêtée.

Des ados livrés à eux-mêmes

"Lorsque les MENA obtiennent leur titre de séjour et qu’ils sont en âge de quitter les structures collectives d’accueil de Fedasil, soit vers 15 ou 16 ans, il n’y a plus grand-chose qui est fait pour eux, explique Françoise Binamé, assistante sociale à l’antenne namuroise de Mentor-Escale. Ils se retrouvent alors quasiment livrés à eux-mêmes à une période de la vie où ils ont justement besoin de beaucoup de soutien." En effet, trouver une école, un logement, des activités sportives, prendre soin de leur santé, développer un projet d’avenir… Les défis à relever ne manquent pas pour ces mineurs non accompagnés. Et c’est là que Mentor-Escale intervient en offrant à chacun un soutien personnalisé.

"Sans l’aide de Mentor-Escale, je pense que je ne m’en serais jamais sortie, témoigne Hafsa, une jeune djiboutienne arrivée en Belgique à l’âge de 16 ans. A l’époque, je n’aurais jamais osé prendre un téléphone pour prendre un rendez-vous dans une administration. Je ne savais même pas comment payer une facture de téléphone !" Trois ans plus tard, Hafsa a complètement trouvé sa place en Belgique. Elle a terminé ses études secondaires, loue son propre logement et suit une formation en alternance. Un parcours presque classique…

Un accompagnement personnalisé

Mentor-Escale accompagne ainsi les MENA jusqu’à l’âge de 20 ans maximum. Un délai qui s’avère généralement suffisant pour leur transmettre les bases de l’autonomie. Dans la plupart des cas, l’envol se fait d’ailleurs en douceur, à la demande des jeunes eux-mêmes. "Comme on les accompagne individuellement, on voit très bien qui est prêt à se débrouiller seul et qui a besoin d’une aide plus intensive, explique Aurélie Fiermans, coordinatrice de l’antenne namuroise de Mentor-Escale. La rupture ne se fait donc jamais brutalement car nous pouvons réellement les préparer à l’autonomie au cas par cas. De plus, les jeunes peuvent toujours fréquenter l’espace communautaire de l’association après leur passage par chez nous."

L’année dernière 300 jeunes MENA ont ainsi bénéficié de l’accompagnement de Mentor-Escale. Des adolescents qui, par la force des choses, sont devenus adultes un peu plus vite que les autres.

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