Emilie Dequenne récompensée à Cannes pour son rôle dans "A perdre la raison"

Cannes: "A perdre la raison" de Joachim Lafosse doublement récompensé
Cannes: "A perdre la raison" de Joachim Lafosse doublement récompensé - © Tous droits réservés

L'actrice belge, Emilie Dequenne s'est vue décerné le prix d'interprétation féminine Un Certain Regard pour son rôle de mère infanticide dans "A perdre la raison" de Joachim Lafosse. Un prix rarement remis dans cette section parallèle à la Compétition de la Sélection Officielle.

En réalité, le jury de cette section Un Certain Regard a décidé pour cette 65ème édition de saluer deux actrices pour leur performance : Suzanne Clément pour "Laurence anyways" et Emilie Dequenne pour son rôle de mère infanticide dans "A perdre la raison". Ce dernier (coproduit par la RTBF) s'inspire librement de l'affaire Geneviève Lhermitte, cette mère qui a assassiné ses cinq enfants à Nivelles en février 2007.

Emilie Dequenne a déjà été récompensée du prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes en 1999 pour son rôle dans "Rosetta" des frères Dardenne. Mais c'était dans la Compétition.

Cette fois c'est donc dans la section "Un Certain Regard" du festival que le talent de la comédienne hennuyère est reconnu. Le prix d'interprétation féminine lui a été remis ce samedi, ce qui est rarement le cas. La dernière fois c'était en 2010 et avant il faut remonter à 2006.

Lors d'une interview réalisée ce mercredi pour la RTBF, Emilie Dequenne nous expliquait toute l'importance qu'elle attachait à ses personnages en général et à celui qu'elle interprète dans "A perdre la raison" en particulier. "Pour moi un personnage est une question de vie ou de mort", y avait-elle notamment déclaré.

Joachim Lafosse "terriblement ému"

"Je suis terriblement ému", a déclaré Joachim Lafosse, le réalisateur du film à l'agence Belga. "Je sais ce qu'Emilie Dequenne a donné, les risques qu'elle a pris, la manière dont elle a presque psychiquement souffert en endossant ce rôle. Qu'on reconnaisse son travail, qu'il y ait un public étranger hors du contexte lié au fait-divers, à toute la polémique sur ce film, qui soit bouleversé par ce qu'elle fait dans ce film, c'est la plus belle récompense. On a essayé de faire un film subtil, pas vulgaire, pas choquant. On a été bouleversé par cette histoire".

"J'étais au volant de ma voiture et j'ai entendu cette histoire dont je me suis inspiré et j'ai été bouleversé. J'étais dans l'effroi, cela m'a presque fait peur, je ne comprenais pas", avait déjà confié cette semaine Joachim Lafosse à notre envoyée spéciale pour expliquer comment l'envie de traiter ce sujet au cinéma lui était venue. "Puis j'en ai parlé avec mes copains, ma femme et le mot qui revenait tout le temps était incompréhensible, impensable". C'est alors qu'avec ses deux co-scénaristes -Matthieu Reynaert et Thomas Bidegain-, Joachim Lafosse "s'est demandé s'il n'y avait pas moyen de faire un film pour essayer de rendre ça un peu plus compréhensible".

Le résultat de cette démarche est un film puissant qui a bouleversé La Croisette.

Une partie du public belge pourra se faire son opinion sur le film de Joachim Lafosse dès dimanche car le long métrage sera diffusé dimanche à Tournai, lundi à Liège et dès mardi à Bruxelles. Le film sera visible dans toutes les salles de cinéma dès mercredi prochain.

Un prix aussi pour une coproduction belge avec Benoît Poelvoorde

"Le Grand Soir", s'est vu lui récompenser par le prix spécial du jury. "Le Grand Soir", c'est cette comédie iconoclaste de Benoît Delépine et Gustave Kervern. Une coproduction belge au casting de laquelle on retrouve le Namurois Benoît Poelvoorde dans un des rôles principaux, aux côtés d'Albert Dupontel.

Le prix "Un Certain Regard" attribué à Michel Franco

Le prix "Un Certain Regard" a, lui, été attribué au réalisateur mexicain Michel Franco pour "Despues de Lucia", un film sur la barbarie imposée à une collégienne souffre-douleur.

Ce deuxième long métrage du réalisateur, qui avait déjà marqué Cannes en 2009 avec le film choc "Daniel y Ana", a été vivement applaudi pendant la Quinzaine, de nombreux spectateurs sortant des salles en larmes. "En les voyant pleurer, j'avais envie de les approcher et de leur demander pardon", avait confié le cinéaste de 33 ans lors d'un point de presse.

Enfin, une Mention spéciale a également été attribuée à "Djeca" (Enfants de Sarajevo) réalisé par Aida Begic.

 

Julien Vlassenbroek et C. Biourge

 

 

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