Plus de 50 associations belges se mobilisent pour la légalisation du cannabis ce samedi

"Soutenez. Ne punissez plus", indique cette campagne de sensibilisation aux drogues qui investira le Parc de Bruxelles ce samedi. Plus de 50 associations belges s’unissent et revendiquent une nouvelle politique relative aux drogues en Belgique. Jean-Philippe Hogge, responsable de projet chez Modus Vivendi, était l’invité de Nathalie Devick dans Weekend Première ce samedi matin.

Un million de Belges affirme avoir déjà consommé du cannabis. Ils font partie de toutes les classes d’âge et de toutes les catégories sociales. Face à un tel constat, une politique alternative est absolument nécessaire : "Il faudrait avoir une approche un peu plus intelligente sur ce problème, réclame-t-il. Pour l’instant c’est interdit. Le gouvernement fédéral a fait marche arrière en prônant la tolérance zéro depuis 2017. On pense que c’est un très mauvais signe, parce que cela revient à donner le pouvoir aux mafias, dont le seul intérêt est de faire de l’argent sans aucune prévention", déplore-t-il.

La "tolérance zéro" que dénonce Jean-Philippe Hogge n’est en outre pas appliquée de la même manière sur tout le territoire. Tout dépend de la souplesse du procureur du Roi dont on dépend : "À Bruxelles, il y a tellement de consommateurs que la police ne peut pas suivre donc c’est plus ou moins autorisé, s’amuse Jean-Philippe Hogge. Mais à Arlon, par exemple, il est impossible de pouvoir fumer un joint quelque part."

Légaliser oui, libéraliser non

Les États qui décident de mettre en place leur propre système de vente de cannabis se multiplient : "Le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, le Canada, l’Uruguay, certains états américains aussi, énonce Jean-Philippe Hogge. Mais en Belgique, on traîne un peu la patte."

Pourtant, le Canada a tiré les premières leçons de la légalisation du cannabis. On constate que la consommation n’a pas augmenté, mais que cela n’a pas éradiqué le marché noir non plus. Deux raisons peuvent l’expliquer : "Les prix restent trop élevés pour l’instant, alors les gens continuent évidemment à se fournir chez leur vendeur habituel. D’autre part, ils ont eu une rupture de stock très rapide car ils ne s’attendaient pas à ce que ça fonctionne aussi bien. Et de nouveau, puisqu’ils n’avaient plus rien à vendre, les gens se sont tournés vers le marché noir", explique le militant.

Le cannabis reste bien sûr un psychotrope dont les effets néfastes sur la santé ne sont plus à prouver. C’est pourquoi les associations souhaiteraient accompagner cette légalisation d’un encadrement très strict. "L’argent dont pourrait bénéficier l’État serait évidemment remis dans la prévention et dans la réduction des risques. C’est primordial. On a très peur des lobbies tels que Philip Morris qui attendent en embuscade derrière chaque pays qui va légaliser pour essayer de vendre de nouveau comme le tabac ou l’alcool. Mais nous, on voudrait que ce soient des officines d’état, des Cannabis social club (association à but non lucratif assurant la distribution de cannabis en cercle fermé, ndlr), ou bien que l’on autorise la culture personnelle."


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