Cannabis : ces pays où la possession ou consommation peut être gravement punie

La condamnation à 30 ans de prison de trois personnes en Tunisie pour consommation de cannabis a été vivement dénoncée ces derniers jours par des organisations de défense des droits humains et sur les réseaux sociaux. La loi tunisienne prévoit une peine sévère pour la consommation de stupéfiants dans l’espace public, le porte-parole citant "la loi 52 et les chapitres 7 et 11 ". De nombreux pays considèrent encore le cannabis est aussi dangereux que d’autres drogues dîtes " dures " comme l’héroïne. On dresse la liste où les consommateurs de stupéfiants risquent de lourdes peines.

 

 

On commence le tour du monde par l’Asie du Sud-Est qui dispose de lois très strictes à l’égard du cannabis.

Indonésie

En Indonésie, le cannabis est considéré comme une substance dangereuse au même niveau que l’héroïne, la cocaïne et le crystal meth. Les peines varient : quatre ans de prison maximum pour un usage personnel, en cas de trafic de drogue ou de culture de cannabis de plus d’un kg ou cinq plants, la peine s’alourdit et tourne entre cinq et vingt ans de prison, la prison à vie voire la peine de mort pour le trafic de drogue. Récemment, un Français, Félix Dorfin, a été condamné à la peine de mort pour trafic de drogue par un tribunal indonésien, un verdict beaucoup plus lourd que prévu, qui va au-delà des 20 ans d’emprisonnement requis par le parquet.

Thaïlande

Toujours en Asie du Sud-Est, les sanctions sont également lourdes et sévères en Thaïlande. Même si le cannabis arrive dans les assiettes, la simple consommation ou possession et même s’il s’agit de très petites quantités de cannabis et ce qui s’ensuit peut amener le consommateur à être puni d’une peine de prison ferme allant de six mois à vingt ans de prison.

A noter également que la peine capitale peut également être d’application. Les autorités thaïlandaises considèrent que la simple possession d’une certaine quantité permet d’établir un lien avec un trafic de drogue éventuel.

Singapour

A Singapour, il ne faut pas rigoler avec la légalisation pénale. La loi pénale concernant les drogues est l’une des plus sévères du monde et le cannabis n’est pas exclu et fait bel et bien partie de la liste. Si un individu se fait arrêter avec moins de 15 grammes de cannabis, la sanction imposée peut s’élever jusqu’à 10 ans de prison et/ou des amendes allant jusqu’à 20.000 $. Au-delà de 15 grammes, la personne est automatique présumé " trafiquant de drogue " et dans ce cas-là, les peines peuvent être encore plus sévères et l’individu est passible de la peine capitale.


►►► À lire aussi : Faut-il autoriser le cannabis comme le sont l’alcool et le tabac ?


Malaisie

Toujours en Asie, la Malaisie fait également partie des nations très sévères. Les personnes qui sont arrêtées en possession de drogue en deçà de 20 grammes risquent une peine d’emprisonnement de 5 ans ainsi qu’une amende jusqu’à 20.000 ringgits.

Il y a quelques années, la peine de mort était d’application pour le trafic de drogue mais cette loi a été abolie en 2018. Aujourd’hui, cette peine de mort est remplacée par une peine à perpétuité.

Il est également interdit de cultiver même une seule plante soi-même en Malaisie, l’individu risque également une peine d’emprisonnement à vie.

Philippines

Aux Philippines, il ne faut pas non plus rigoler avec les règles. Depuis l’arrivée de Rodrigo Duterte en tant que président, il défend les exécutions sommaires sans jugement comme politique sur les drogues.

Jusqu’à 12 ans d’emprisonnement pour une possession de petites quantités de cannabis. La prison à vie en cas de culture de plants de cannabis et la peine de mort en cas de vente mais cette dernière pénalité a été transformée en emprisonnement à vie depuis la chute de la dictature de Marcos en 1986.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2016, le président Rodrigo Duterte mène une guerre sanglante contre la drogue. Entre 2016 et 2017, 7000 personnes auraient été tuées aux Philippines pour trafic. Aux Philippines, si vous vendez seulement 1,5 g de cannabis, vous pouvez passer le restant de votre vie en prison. Et dans certains cas, la possession ou le trafic de cannabis pourront être passibles de peine de mort.

Le Japon

Depuis 1948, le Japon est également devenu un pays très strict en ce qui concerne le cannabis. Sa vente et sa culture ont été interdites et pourtant, autrefois, ils étaient de grands producteurs et cette herbe, et le cannabis entrait même dans la fabrication de textiles et de cordes.

Aujourd’hui, l’individu qui possède une importante quantité de cannabis ou qui pourraient être utilisées à la revente risque jusqu’à sept ans de prison et une amende de 2 millions de yen.

Il est illégal de cultiver son cannabis chez soi. Une peine passible pouvant aller jusqu’à sept ans. Importer ou exporter cette herbe pourrait également entraîner jusqu’à 7 ans de prison et une amende de 3 millions de yen.

Emirats Arabes Unis

Au Moyen-Orient et plus précisément aux Emirats arabes unis, l’usage de drogue peut entraîner une condamnation à 4 ans de prison ferme et à l’exclusion du territoire. Le pays adopte une politique antidrogue très stricte sur le principe de la tolérance zéro. Si un individu est contrôlé positif lors d’un test, il se retrouve automatiquement en prison sans pour autant posséder du cannabis sur soi.

La compagnie aérienne Emirates stipule bien que tous les aéroports aux E.A.U. effectuent des fouilles à l’aide d’équipements ultrasensibles. Les voyageurs en possession de substances illégales, quelle que soit leur quantité, pénétrant aux ou transitant par les E.A.U. seront sanctionnés.

Arabie saoudite

L’approche de l’Arabie saoudite en matière de drogues est fondée sur une interprétation stricte de la charia, ce qui signifie que les infractions liées aux drogues sont considérées comme un crime contre Dieu. L’Arabie saoudite exécute les personnes ayant possédé, ingérés ou générer un trafic de drogue et ces personnes sont susceptibles d’être puni par une peine de mort.


►►► À lire aussi : Le cannabis : remède à nos maladies ?


L’Arabie saoudite a mis à mort 184 personnes en 2019 – un nombre record pour le royaume – malgré une baisse des exécutions dans le monde, selon Amnesty International. Les exécutions liées à la drogue représentant une part importante de ces décès.

Turquie

La Turquie se positionne également sévèrement contre la drogue et ce, de par sa situation géographique. Elle agit comme porte d’entrée pour les trafiquants de cannabis qui souhaitent en faire la distribution illicite en Europe. Le gouvernement applique dès lors des sanctions très sévères pour lutter contre ce trafic.

La possession de cannabis à petite échelle est passible d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à deux ans. Quant aux personnes qui " encouragent ouvertement la consommation de drogues addictives ou excitantes " peuvent être condamnées à une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison.

Les Etats-Unis

Une trentaine d’états autorise déjà la consommation de cannabis pour raison médicale, tandis que l’usage récréationnel est autorisé dans 11 Etats. Mais il reste illégal au niveau fédéral, ce qui signifie que les étrangers sont en danger s’ils choisissent d’en consommer, de dealer et de trafiquer. La peine ? Une interdiction à vie d’entrer sur le territoire sans oublier que d’autres peines peuvent également être applicables. Selon NORML, une association qui lutte pour réformer les lois relatives à la marijuana aux Etats-Unis, le trafic de cannabis est punissable de “15 à 25 ans de prison” ou jusqu’à 7 ans de prison en cas de vente à un mineur.

La consommation ou la simple possession devient un délit passible d’une amende de 250 dollars et d’un maximum de 90 jours d’emprisonnement.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK