Canicules ou temps de chien, ces étés qu'on ne peut oublier

Eté 1976:  une époque difficile pour l'agriculture.
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Eté 1976: une époque difficile pour l'agriculture. - © Tous droits réservés

Ca y est, c’est parti pour deux mois de vacances Et donc, forcément, des journées ensoleillées et une chaleur accablante...Ou pas. Parce que la promesse d’une canicule n’engage que ceux qui y croient. Vous avez gardé le souvenir du camping sous la pluie, ou des pieds nus brûlés par le sable chaud? Petit coup de rétroviseurs sur ces étés, torrides ou pourris qui ont marqué notre vie.

Canicule: les bons millésimes

Heureusement, la mémoire humaine ne retient que les bons souvenir. Et avec le temps, les périodes de canicule rappellent de bons moments. C’est l’IRM qui le dit: pour être reconnue caniculaire, une période doit comporter au moins 5 jours à 25 degrés ou plus et 3 journées à 30 degrés ou plus.

Les étés ayant atteint des températures record sont tous regroupés dans un mouchoir de poche. Avec, en tête, le fameux été de 1976 particulièrement long. En deuxième position figure l’année 2003 entrée dans la légende climatique grâce aux médias. Température moyenne: 19,7°. Les autres millésimes chauds sont 1983, 1994,1995 et 2006. Les plus anciens d’entre nous se souviennent peut- être aussi des périodes de grosses chaleurs des années 1911, 1921, et 1947. La nuit la plus chaude enregistrée à Uccle date du 4 juillet 2015 (24,4°C)

La sécheresse de 1976

1976 est une année de référence pour le 20e siècle, pour sa chaleur persistance dès le mois de juin et une grande sécheresse. Jusqu’à provoquer des incendies de forêt, un phénomène particulièrement rare en en Belgique. Ceux qui ont vécu l’été 1976 ne peuvent pas l’oublier. Les agriculteurs belges non plus. Cette année-là, une sécheresse exceptionnelle frappe une partie de l'Europe, dont la Belgique, entraînant des restrictions dans l'approvisionnement de l'eau, d'énormes pertes agricoles et coûtant la vie à des milliers de personnes. Des aides seront accordées aux agriculteurs. Le bon côté des choses: dans les banques notamment, le personnel peut quitter le bureau dès 15h. 

2003: la prise de conscience climatique

La deuxième grande canicule "historique" est celle de 2003 où; pour la première fois, la presse et les institutions ont mis l’accent sur la mortalité au sein de la population et singulièrement des personnes âgées. Les scientifiques s’en inquiètent et attribuent cet excès aux méfaits de l’ère industrielle.

Fortes chaleurs de 2010: 520 décès en Belgique

2010 a été une année de forte chaleur. En Russie principalement où l’on a pu parler de canicule. Mais elle a aussi frappé la Belgique, où la hausse de température a entraîné plus de décès qu'en temps normal.  Selon les chiffres de l’ISSP (Santé publique et surveillance), "Durant la période du 1er avril  au 30 juin, nous avons remarqué une hausse du nombre de décès dans notre pays. Les températures élevées et les pics d'ozones sont les deux causes essentielles de cette surmortalité". 520 décès ont été constatés dans notre pays.

Les plus beaux mois de juin

Mais il n’y a pas que les mois de juillet et août à chercher leur place au soleil. Juin peut aussi montrer de l’ambition. L’IRM le confirme: en 2017, la nuit du 21 au 22 juin aura été la troisième nuit la plus chaude jamais enregistrée à Uccle depuis 1901. La température minimale cette nuit-là, enregistrée à Uccle, était de 23,2°C. On avait connu mieux encore, le 18 juin 2002, avec une nuit à 23,9 degrés.

Le mois de juin 1976, encore lui, avait été particulier chaud et sec. On y avait battu plusieurs records dont le mois le plus chaud du siècle (19,2°C de moyenne contre 15,3°C pour la normale) ou le mois le plus ensoleillé de tous les mois de juin (306h de soleil contre une normale de 198h).

Le top 5 des étés pourris : 12° de moyenne

A l’inverse, la climatologie a ses zones sombres. L'été affichant la température moyenne la plus basse remonte à 1985, avec 11,7 degré de moyenne. Mais dans le genre étés pourris, 1987, 1988, 1993 et 98 n’ont guère été brillantes, avec des températures proches de 12°

Les étés plus pluvieux

Les températures sont une chose, les précipitations en sont une autre. L'été le plus pluvieux depuis 1901 remonte à 1992 avec 364,8 mm de précipitations suivi, de près, par l’été 1980 (348,4mm).  Les autres grands millésimes humides durant l’été furent 2014, 2002, 1987 et 2011

Et l’ensoleillement dans tout ça?

Il y a la température, la pluviosité et enfin la durée d'ensoleillement. Un contrôle qui ne remonte qu’à 1981. Et l’éte le plus sombre depuis cette date est celui de 1981 avec seulement 422h34 min.

Et pour l’été 2018, on dit quoi?

Selon Météo-France, la chaleur est à prévoir cet été sur une partie de l'Europe. Un été qui risque d'être "plus chaud que la normale" sur une bonne partie de l'Europe et du bassin méditerranéen. Mais par sur la façade Atlantique (et donc la Belgique) où les températures devraient être proches de la moyenne.

Sur le sud-est du continent (incluant une moitié-est de la France), l'organisme privilégie un "scénario plus chaud" et moins de précipitations que la normale, du fait de la "persistance probable" d'un fort anticyclone, indique la prévision estivale (juin à août), présentée au début du mois de juin.

A L’IRM, les prédictions sont un peu différentes. Les météorologues belges parient sur un mois de juillet plus sec que la moyenne et un mois d’août plus humide que la moyenne. Avec toutes les précautions oratoires qui s’imposent.

Et pour les années qui viennent,  parasol ou parapluie?

Si prévoir le beau temps est de la compétence exclusive de Madame Soleil, Pascal Mormal de l’institut royal météorologique tire ses conclusions des statistiques. Elles nous apprennent que les canicules d’été sont de plus en plus nombreuses et les périodes de froid de plus en plus espacées. en Belgique. Il y aurait 15 fois plus de périodes chaudes que de périodes froides.

Les chiffres de l’IRM sont sans appel. "Il y a eu 26 périodes de grand froid en Belgique depuis 1901, mais seulement 3 depuis les 30 dernières années. Ce qui donne un rapport d’un événement froid tous les 10 ans." En revanche,  l’IRM a comptabilisé 38 vagues de chaleur depuis 1901, mais 15 d’entre elles pour les 30 dernières années seulement. Depuis 1990 il y en a eu 15, soit une tous les deux ans. Et les 5 étés les plus frais ont tous été observés avant 1980.

Signal du dérèglement climatique, les récentes décennies ont connu une hausse des températures moyennes. Comme par exemple en Ile-de-France, où les cinq années les plus chaudes depuis 50 ans ont été observées au 21e siècle: 2011, 2014, 2015, 2017 et 2003, constate, pour sa part, Météo-France.

2016 : Une alerte mondiale

Oublions la petite Belgique un instant pour constater qu’en 2016, la planète a pulvérisé un record de chaleur, s'inscrivant comme l'année la plus chaude des temps modernes. Les températures record enregistrées à la surface de la planète ont "uniquement été rendues possibles par un important réchauffement anthropique", résultant de l'intervention humaine, "à l'échelle d'un siècle", soulignent les récents travaux de scientifiques.

Le record mondial de chaleur, la canicule en Asie ainsi que les eaux inhabituellement chaudes au large de l'Alaska enregistrés en 2016 ont tous pour unique responsable le réchauffement climatique causé par l'activité humaine. C'est la première fois que des scientifiques mettent le doigt sur des phénomènes climatiques extrêmes qui n'auraient pas pu se produire sans le changement climatique. Et bonnes vacances quand même.

 

 


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