Candy Crush, un autre visage de l'addiction

Candy Crush, un autre visage de l'addiction
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C’est une saga faite de bonbons virtuels: le phénomène Candy Crush séduirait 50 millions de joueurs actifs autour d'un même objectif: détruire des bonbons. Un passe-temps ludique, mais loin d'être inoffensif pour certains.

Très populaire, le jeu a donné des ailes à son créateur. La société King qui a conçu le jeu aurait d'ailleurs des projets d'entrée en Bourse. Mais si le jeu est une machine à cash, il est aussi décrit comme très addictif. Télécharger Candy Crush  ne coûte pas un rond, mais il pousse les joueurs à sortir leur portefeuille pour y évoluer rapidement.

Candy Crush doit donc aussi son succès au sentiment d'addiction qu'il crée chez ses joueurs. Et ça peut vite déraper. En attendant le bus,  au bureau, ou bien installés dans un canapé, les joueurs alignent les friandises. Candy Crush est d'une simplicité déconcertante qu'on oublierait presque de s'en méfier.

Ludovic Lemaire a passé trois mois au royaume des bonbons. Il n'en est pas revenu indemne. "J’ai commencé à jouer, j’ai trouvé ça sympa et puis je le trouvais un peu lent, parce qu’il fallait attendre la vie suivante etc.", explique cet ancien addict.

Car une fois le compteur de vie du joueur à zéro, deux solutions s'offrent au joueur : attendre 30 minutes pour récupérer une vie, ou payer 89 centimes. Ludovic a donc sorti sa carte visa. "En trois mois, j’en ai eu pour mille euros de dépenses", raconte-t-il en montrant ses extraits bancaires. 1000 euros d'économies partis en fumée : pour Ludovic, la dépendance était réelle.

"C’est tout,  tout de suite et tout le temps".

"Je ne parlerai peut-être pas d’addiction comme l’alcool comme les jeux de hasard et d’argent", explique Serge Minet, psychothérapeute et fondateur de la Clinique du jeu pathologique. "C’est plutôt une passion obsédante. Une passion, c’est un désir qui prend la place de tous les désirs, il n’y a plus de place pour autre chose. Et obsédante parce que  c’est de l’obsession, qui appelle de la frustration quand on est en échec ,et qui appelle la nécessité de vouloir continuer. Donc il y a une forte de dépendance, on n’arrête pas. C’est tout,  tout de suite et tout le temps".

Ludovic a finalement supprimé Candy Crush de son ordinateur. Mais partout sur la planète virtuelle, le jeu continue d'affoler les joueurs.

N. Khaleefeh

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