Cancer du col : les campagnes de vaccination contestées

Un vaccin
Un vaccin - © Mustafa Ozer

Les campagnes de vaccination contre le cancer du col de l'utérus sont basées sur une "peur injustifiée" et l'efficacité de l'un des deux vaccins commercialisés en France doit être mise en doute, estime un collectif de médecins dans une lettre au ministre de la Santé Xavier Bertrand

Parallèlement, deux jeunes femmes, âgées de 16 et 20 ans, qui se disent victimes de graves effets secondaires (douleurs, crises de paralysie...) de l'un des deux vaccins commercialisés, le Gardasil (Sanofi Pasteur MSD), ont envoyé une demande d'indemnisation à la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CRCI) de Lyon, a indiqué lundi leur avocat.

Les médecins emmenés par le Dr Philippe de Chazournes, président de Med'Océan se disent, dans une lettre à M. Bertrand, "très préoccupés par les campagnes de vaccination +contre le cancer du col de l'utérus+, essentiellement basées sur une peur injustifiée".

"Le cancer du col est-il vraiment un problème de santé publique en France au sens où l'entendent les épidémiologistes ? La question mérite d'être posée, car en réalité, on assiste depuis 1980 à une baisse régulière du nombre de nouveaux cas et de la mortalité liée à cette affection", commentent les médecins du collectif contestataire.

Selon eux, "la seule et unique mesure de prévention associée à cette baisse régulière est le dépistage régulier par un frottis cervico-utérin". "Le millier de femmes qui meurent chaque année en France de ce cancer sont essentiellement des femmes qui n'ont pas été suivies régulièrement par frottis", poursuivent-ils en notant qu'"il n'y a ni épidémie, ni recrudescence du nombre de cas" en France.

Mais le collectif va plus loin : non seulement, l'efficacité du vaccin Gardasil est loin d'être démontrée, selon lui. Mais il suggère aussi de reconsidérer l'autorisation de mise sur le marché (AMM) au niveau européen et de suspendre le remboursement en attendant de disposer de preuves solides de cette efficacité.

Concernant les deux jeunes femmes qui se disent victimes de graves effets secondaires, les demandes d'indemnisation "ont été envoyées vendredi par lettre recommandée", a affirmé à l'AFP Me Charles Joseph-Oudin, confirmant une information du Monde.

D'autres demandes d'indemnisations vont être déposées, "environ 5 ou 6, dans toute la France métropolitaine", selon l'avocat.

Interrogé par l'AFP, le centre de pharmacovigilance de Grenoble, saisi en 2010 par un neurologue du cas de l'adolescente, a estimé qu'"il est très difficile d'établir un lien de causalité" entre un vaccin et une pathologie.

"On ne peut pas dire que c'est ça, mais on ne peut pas dire que ça n'est pas ça", a-t-on expliqué à propos de ses troubles. En revanche, "vu le rapport bénéfice/risque, on a bien sûr déconseillé une 3e injection" du vaccin à cette patiente, a indiqué une responsable du centre.

"Il n'y a aucune alerte sur la Gardasil, il est juste surveillé", a-t-elle toutefois précisé.

Enfin le Dr de Chazournes a demandé au professeur Jean-Luc Harousseau, président de la Haute Autorité de santé (HAS), de retirer les recommandations sur le dépistage du cancer du col de l'utérus en dénonçant des conflits d'intérêts "majeurs" de certains membres du groupe qui les ont rédigées.

Il souhaite que l'HAS constitue un nouveau groupe de travail afin de promouvoir le dépistage du cancer du col par le frottis "qui à lui seul permettrait, s'il est bien et régulièrement fait chez toutes les femmes concernées, d'entraîner la disparition de la mortalité par ce cancer".


AFP
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