Campagne de la Fédération contre les mariages forcés

Le procès de la famille de Sadia Sheikh, tuée pour e pas avoir accepté un mariage arrangé, a ramené la question des mariages forcés aux devants de l'actualité
Le procès de la famille de Sadia Sheikh, tuée pour e pas avoir accepté un mariage arrangé, a ramené la question des mariages forcés aux devants de l'actualité - © Archive BELGA / VIRGINIE LEFOUR

La Fédération Wallonie-Bruxelles a lancé vendredi une campagne de prévention des mariages forcés. Un site internet a été réalisé à cette occasion en collaboration avec des jeunes et des acteurs du terrain. Le site est destiné essentiellement aux jeunes de 15 à 25 ans et accessoirement aux professionnels confrontés à des cas de mariage forcé. Quelque 3500 affiches seront placées dans différents lieux fréquentés par les jeunes.

Les images choisies pour la campagne sont celles de chaussures classiques de mariage, tantôt féminines, tantôt masculines, dont la paire est liée par des lacets. "Nous voulons faire passer un message universel, sans stéréotype. Nous restons donc dans la dimension symbolique", expliquent les responsables du projet. Ceux-ci ont veillé à ne stigmatiser aucune communauté particulière, relevant que des couples belgo-belges sont également touchés par cette problématique.

Le site internet "www.monmariagemappartient.be" a pour objectif de fournir aux jeunes une information simple et accessible sur la problématique des mariages forcés. L'information relative au cadre légal a été vulgarisée. Des outils sont mis à disposition des internautes afin que ceux-ci puissent développer leur propre stratégie et se prendre en charge, soulignent les auteurs du projet. Une partie du site est consacrée aux témoignages. "L'anonymat est garanti à 100%" insistent les auteurs du projet. Une rubrique reprend une liste d'associations engagées dans cette problématique en Wallonie et à Bruxelles.

Une évaluation de la campagne sera menée à l'automne. "La campagne devrait connaître de nouveaux développements en 2013 et 2014", a déjà annoncé la ministre de l'Egalité des chances, Fadila Laanan. La ministre a estimé opportun le moment de lancer cette campagne, soit la veille des grandes vacances, une période mise à profit pour organiser les mariages forcés.

Mme Laanan a par ailleurs expliqué que les statistiques dont dispose la Fédération Wallonie-Bruxelles en ce qui concerne les pressions sur le mariage et les choix amoureux des jeunes sont peu fournies.

La Région bruxelloise et l'Institut pour l'Egalité des Femmes et des Hommes ont commandé une étude sur ce sujet à l'ULB. Cette étude a démarré fin de l'année dernière et devrait être achevée en novembre 2012. Les auteurs ont dû commencer leurs travaux par définir les termes de mariage forcé et de mariage arrangé, qui renvoient à des réalités différentes selon les études et les communautés. Ils devront tenter de quantifier le phénomène en Région bruxelloise, soit en comptabilisant les refus de mariage pour suspicions de pression, soit à partir des cas rapportés par les associations de terrain.

"La campagne de la Fédération Wallonie-Bruxelles arrive à mi-parcours par rapport à notre étude. A partir de nos premiers contacts, on pourra déterminer éventuellement l'impact de la campagne", relève Nawal Bensaïd, la chercheuse de l'ULB en charge de l'étude.

Selon les associations de terrain, le phénomène des mariages forcés à Bruxelles serait stable ces dernières années, avance prudemment Mme Bensaïd.


Belga

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