Camille, 31 ans, victime du coronavirus : "Une douleur atroce dans la poitrine, plus moyen de parler normalement"

Elle s’appelle Camille, elle a 31 ans, elle vit en Région bruxelloise… et elle est atteinte du coronavirus. Dans un long message partagé sur Facebook, elle raconte ses symptômes. Son but : mettre en garde contre la dangerosité de ce virus et encourager tout le monde à changer son comportement pendant les prochaines semaines.

Non, explique-t-elle, le coronavirus n’est pas une simple grippe. Non, il ne touche pas que les personnes ayant des antécédents médicaux ou les personnes âgées. La jeune femme, que nous avons contactée ce lundi matin, se définit comme "sportive". "Je n’ai jamais pris de médicament, je n’ai jamais eu d’opération, pas de problèmes pulmonaires ni cardiaques."


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Catégories d'âges touchées par le coronavirus. Les 30-34 ans ne font pas partie des cas les plus touchés, mais les risques ne sont pas nuls. © Capture d'écran Sciensano

Comme une grippe, mais en pire

Et pourtant, nous raconte-t-elle par téléphone, tout est allé très vite. Début mars, elle est en contact avec une personne touchée par le coronavirus. Quatre jours plus tard, elle développe les premiers symptômes "d’une grippe, mais c’était plus que d’une grippe. Ça a commencé à se manifester tout en plusieurs fois.

Fatigue extrême, température élevée "avec des chauds froids"… Camille décide d’appeler le médecin de garde qui lui dit qu’il ne peut rien faire, faute d’équipement.

"Une amie médecin généraliste a pris mon cas en charge et a remué ciel et terre pour voir ce qu’il fallait faire. Lundi matin, elle m’a appelée en disant qu’elle me faisait un papier pour que j’aille à Saint-Luc."

La Bruxelloise s’y rend par ses propres moyens, en voiture. "J’étais dans les premières patientes à faire le dépistage aux urgences. Je suis arrivée à l’accueil, on m’a dit de mettre un masque et de me désinfecter les mains. On était à 4 avec des masques mais mélangés avec tout le monde. N’importe quel patient qui rentrait était en contact avec nous qui toussions."

Services médicaux dépassés

Après plus de deux heures d’attente, Camille est prise en charge par un médecin qui lui fait passer un test. Elle assiste à la mise en place du personnel médical, alors que les premiers cas arrivent. "Ils étaient tous paniqués, ils ne connaissaient pas le programme informatique, Mais je ne les blâme pas, personne n’est responsable dans cette histoire", atténue-t-elle.

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Toujours dans le doute, la jeune femme rentre chez elle, sans même une prescription. Le résultat tombe le mardi 10 mars : positive au Covid-19. Son calvaire s’intensifie.

Après une phase de sommeil, Camille se lève pour se faire à manger. "J’ai le souffle coupé et je me retrouve par terre. Je ne sais pas respirer. Je ne sais plus rien faire." Elle appelle les urgences qui mettent ça sur le compte de la panique après l’annonce du résultat.

J’ai voulu marcher quelques mètres, je n’y arrive pas.

Le mercredi, la situation ne s’améliore pas. "C’était pire que la veille. Une douleur atroce dans la poitrine, plus moyen de parler normalement." Camille a du mal à respirer, une ambulance vient la chercher pour l’emmener à Saint-Luc. Aucune complication n’est constatée par les médecins… qui la renvoient chez elle. "Depuis, je suis en quarantaine chez moi. Ça fait neuf jours. J’ai voulu marcher quelques mètres, je n’y arrive pas."

Nous avons aussi pris contact avec le médecin traitant de Camille afin de préciser son témoignage. Mais ce praticien n'a pas souhaité nous répondre en raison du secret médical.

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