"Ça va saigner": les femmes qui luttent contre des règles trop chères

Les règles coûtent cher. Minimum 20 000 euros sur une vie. C’est de ce constat qu’est parti un collectif français pour instaurer le 15 juin une journée de lutte contre la pauvreté liée aux règles. Ça va saigner !, c’est son nom, veut sensibiliser autour de ce sujet encore bien souvent tabou.

C’est un sujet encore tabou, preuve en est lors de la réalisation de ce sujet : nous avons rencontré des difficultés à trouver des femmes qui veulent bien parler de leurs règles face caméra. Or, les règles ont un prix. Selon les estimations, les protections reviennent à minimum 2000 euros sur une vie… et encore, en achetant les moins cher, sans compter tous les autres soins (gynécologues, produits intimes…) ou encore les jours de congé maladie qui peuvent être pris en cas de trop fortes douleurs.

 

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C’est contre ce prix trop élevé qu’un collectif français s’est mobilisé. "Ça va saigner" propose de tâcher ses vêtements de sang ce 15 juin pour demander la gratuité des tampons et serviettes. "Tachez vos jeans, vos stories Instagram ou les sièges de votre métro ! Avec du vrai ou du faux sang, on veut du rouge !
Faite le seul.e.s ou en groupe ! Que notre sang coule contre la précarité menstruelle !", s’exclame le collectif sur Instagram.

Une idée qui plaît à cette cliente d’un supermarché rencontrée au rayon des protections hygiéniques à Schaerbeek. " Le problème des menstruations n’est pas assez abordé. On est toujours en train de faire des récoltes pour la nourriture ou pour d’autre chose. Or, les menstruations concernent toutes les femmes. Et, je pense qu’on n’organise pas assez de collectes pour les protections hygiéniques"

Des collectes un peu partout à Bruxelles et en Wallonie

C’est ce que fait l’association Bruzelle : collecter des serviettes hygiéniques dans des boîtes placées un peu partout à Bruxelles et en Wallonie. Le but : les redistribuer à celles qui en ont besoin. " Les femmes précarisées se trouvent surtout dans les camps de migrants, les femmes vivant dans la rue, bien sûr, celles logeant dans des squats, et aussi dans les universités où la précarité estudiantine est très forte. Ce qu’on a tendance à oublier" explique Veronica Martinez, cofondatrice de Bruzelle.

L’an dernier, un premier pas a déjà été franchi dans notre pays. La taxe sur les protections hygiéniques est passée de 21 à 6%. Mais, on le voit, cela reste encore trop cher pour certaines femmes.

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