Ça pousse dans les serres et les pépinières, mais qui va planter ?

Ca pousse dans les serres et les pépinières, mais qui va planter?
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Ca pousse dans les serres et les pépinières, mais qui va planter? - © Tous droits réservés

Avril est un mois "charnière" pour les horticulteurs et les maraîchers. C’est la pleine période des semis et de certaines plantations printanières. Au service Espaces Verts de la Province de Hainaut, les équipes qui prenaient soin des parterres sont presque à l’arrêt. Le personnel se concentre sur les serres, et mène une sorte de course contre la montre, pour ne pas perdre tout le patrimoine vert qui s’y trouve.

Vous les croisez sans vous en rendre compte, lors de festivités locales, de portes-ouvertes, de salons en tous genres… Eux, ce sont ces arbustes loués par le service Espaces Verts de la Province de Hainaut. 200 ficus, une centaine de palmiers, et d’autres plantes décoratives. "Nous recevons environ 400 demandes, chaque année. C’est un potentiel très important pour nous", explique Michel Populaire, le directeur du service.

"Pour l’instant, tout va très bien, je suis encore allé faire un tour ce matin. On a établi des gardes, pour venir arroser tout ce qui doit l’être. Des personnes se sont même portées volontaires, pour amener du matériel, venir en renfort. Ça va encore. Mais on ne peut pas faire cela à plusieurs, c’est une première difficulté, et plus on avance dans la saison, plus ça devient tendu". Il s’inquiète, au fur et à mesure des semaines de confinement. Pour toutes ces petites fleurs à repiquer, qui sont toujours sur leurs "plaquettes". L’arrosage continue, mais un jour ou l’autre, elles risquent de trouver le temps long et peut-être s’étioler. Autre motif d’inquiétude : les semis, réalisés dans les serres.

Au bout d’un certain temps, eux aussi réclameront un retour à la terre ferme, sinon ils vont "filer" comme on dit dans le jargon. "Si ça perdure, je crains qu’on ne se dirige tout doucement vers une catastrophe, en tout cas pour l’approvisionnement en légumes cultivés chez nous", nous confie Michel Populaire. "Si les plants ne sont pas mis en terre début mai, ou mi-mai, nous risquons de manquer de légumes au moment des récoltes, pendant l’été". A la levée du confinement, les demandes vont exploser du côté du service d’entretien. "Nous n’avons pas pu faire les premières tontes, ni les tailles d’arbustes, de massifs… Nous risquons d’être submergés au redémarrage…"

 

Céline Danloy s’occupe de la filière "maraîchage bio" à l’école d’horticulture de la province de Hainaut. Là-bas aussi, une tournante est en place depuis deux semaines. "Les ouvriers vont faire le strict minimum, arroser et repiquer. Sinon on n’aura rien pour les prochains mois, et c’est triste de perdre tout ça !" Des légumes étaient déjà à maturité, ils auraient dû être récoltés à cette période. "On les a laissés, tant pis. Ils serviront d’engrais vert. On se focalise désormais sur les légumes à planter en mai-juin, pour garantir une récolte en septembre-octobre".

Céline Danloy comprend les impératifs de confinement. Néanmoins, elle est triste. "Ça démarrait super bien au potager, on avait engagé un nouvel ouvrier, on avait un nouveau partenariat avec le mess de l’Observatoire de la santé… On aurait pu devenir le petit magasin du coin, pour tous ceux qui voulaient des plants ou des légumes de saison… C’est comme ça ! Tout le monde doit jouer le jeu". Lorsqu’elle n’est pas à l’école d’horticulture, Céline Danloy s’occupe de la ferme familiale, où le travail ne manque pas. "Notamment pour la vente au détail des pommes de terre… Nous n’avons jamais eu autant de demandes !".

Sujet du JT du 19/03/2020 - Pépinières : interdiction de vendre mais continuer d'entretenir les plantes