"C'est la preuve que notre mouvement fonctionne": Greta Thunberg répond à ses détracteurs

"Je suis en colère contre certaines personnes qui ont échoué à prendre leurs responsabilités", assure la jeune suédoise à l'origine des grèves climatiques
"Je suis en colère contre certaines personnes qui ont échoué à prendre leurs responsabilités", assure la jeune suédoise à l'origine des grèves climatiques - © TOBIAS SCHWARZ - AFP

Elle est l’une des personnalités marquantes de la dernière année scolaire. Il y a presque un an, en août 2018, la suédoise Greta Thunberg lançait officiellement les grèves mondiales pour le climat. Derrière son message pour un avenir meilleur et plus de considération pour les questions environnementales, la jeune femme de 16 ans a réussi à fédérer les jeunes aux quatre coins du monde.

Mais cette notoriété subite et le message que cette étudiante porte n’a, semble-t-il, pas plu à tout le monde. Son combat pour une politique plus responsable a été émaillé d’un grand nombre d’attaques et d’invectives à son égard. Dans un entretien accordé au quotidien français Libération, la jeune femme répond à ses détracteurs et assure que ces attaques à son encontre l’ont "atteinte".
En Belgique, ils ont été jusqu’à 35.000 jeunes à défiler dans les rues de Bruxelles. Si la mobilisation s’est peu à peu essoufflée, le mouvement a tout de même duré quatre mois et les organisateurs belges promettent déjà une reprise de la mobilisation dès la rentrée avec une action la semaine du 20 au 27 septembre, à l’initiative de… Greta Thunberg, justement. Mais sur les réseaux sociaux ou dans les conversations, l’a jeune femme ne reçoit pas que des lauriers. Elle a notamment été la cible d’une campagne de dénigrement de l’extrême droite. "Bien sûr que cela m’atteint", affirme l’activiste.


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Elle voit pourtant les invectives dont elle est la cible comme une condition essentielle à son combat. "C’est ce qu’on doit supporter quand on soutient une cause : recevoir de la haine, des menaces, être la cible de mensonges", poursuit-elle. Elle affirme toutefois trouver cela "très triste". "Mais on peut aussi voir ça positivement. Le fait que ces personnes se sentent menacées est la preuve que notre mouvement fonctionne, que notre message passe."

Une année sabbatique

Récemment, la Suédoise a déclaré qu’elle prendrait une année sabbatique pour l’année scolaire 2019-2020. Son but ? Se concentrer sur son combat pour le climat. Cette annonce, si elle témoignait d’une liberté sans faille de la jeune femme dans son engagement, avait réveillé les critiques. Pourtant, Greta confirme, elle ne foulera pas la porte de son école l’année prochaine. "Je dis tout le temps que nous devons agir dès aujourd’hui et qu’il n’existe aucune excuse valable pour ne pas le faire. Décaler mes études d’une année n’est pas grave. Beaucoup d’étudiants le font, alors pourquoi pas moi ?", se justifie-t-elle.


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Elle précise par ailleurs qu’elle "adore l’école" et qu’elle "aime apprendre". Cela ne l’empêchera pas de faire l’école buissonnière : "Je me suis dit : si je dois mener à bien cette mobilisation, je dois le faire maintenant", se souvient la jeune femme.

En colère?

Mais si la jeune femme est prise pour cible de campagnes de dénigrement, ses discours sont généralement dirigés vers les "générations précédentes" qui, selon elle, n’ont pas assez pris de mesures en faveur de l’environnement. Pourtant, Greta assure ne pas être "en colère" contre "la génération de ses parents". "Je suis en colère contre certaines personnes qui ont échoué à prendre leurs responsabilités", corrige la jeune femme. Concernant sa potentielle aigreur vis-à-vis des générations qui l’ont précédée, elle temporise : "Ils prenaient souvent l’avion, émettaient beaucoup de CO2. Moi aussi. J’étais petite, je ne connaissais pas les conséquences de ces actions. Eux non plus".


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Selon elle, il ne faut pas "blâmer les gens qui n’agissent pas". "Ils ne sont pas méchants ou mauvais. Ils ne sont juste pas au courant."

L’interview de Greta Thunberg à la RTBF en février 2019

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