C'est encore l'été, et si ça sent déjà l'automne… c'est à cause du printemps

 Ce début septembre ressemble plus à un début de mois d’octobre.
Ce début septembre ressemble plus à un début de mois d’octobre. - © BART MAAT - AFP

Un fond de l’air plus frais, des feuilles qui jaunissent et les premiers champignons. Ce début septembre ressemble plus à un début de mois d’octobre. Les pommes sont arrivées à maturité et, sur les étals des magasins, on peut déjà apercevoir des potimarrons. Pourquoi la nature a-t-elle pris une telle avance?

C’est la faute au printemps 2017 qui a été très doux, avec des températures élevées du mois de mars, elles ont fait éclore les feuilles plus rapidement. Ça s’appelle le débourrement.

Chaque feuille à une durée de vie

Les bourgeons s’ouvrent pour laisser apparaître les feuilles. Or les feuilles ont une durée de vie déterminée, selon Olivier Baudry expert forestier: "Elles sont programmées pour rester sur l’arbre un certain nombre de jours et ont une durée de vie limitée. Si la feuille arrive plus tôt, elle va partir plus tôt. A un moment donné les molécules ne sont plus fabriquées et donc la feuille s’épuise".

Concrètement, l’arbre ne va plus la nourrir, il va pomper les minéraux présents dans la feuille et s’en débarrasser.

Certains marronniers n’ont pas fière allure actuellement, cela n’a rien à voir avec les températures très douces du mois de mars. Ils sont malades, attaqués par un papillon: la mineuse.

Ses larves fabriquent des galeries à l’intérieur de la feuille, cette dernière va se dessécher, brunir et tomber.

Les récoltes aussi ont été plus précoces cette année

Les céréales ont été récoltées plus tôt cette année, l’escourgeon, l’orge et le blé ont déjà été moissonnés en plein été, comme l’explique Joseph Pontier président de la Fédération wallonne de l’agriculture: "Au niveau des maïs en sillage, la saison a déjà commencé car les grains sont vraiment à maturité, c’est vrai que le 15 juillet, ils étaient déjà en fleurs alors que l’on dit toujours qu’ils le sont pour la Foire de Libramont fin juillet, mais cette année ils l’étaient plus tôt." Une croissance précoce due au printemps très doux et un été relativement chaud. Les cultures ont bénéficié d’une accumulation de chaleur pour pousser plus vite.

Des récoltes en avance qui ont un effet positif, selon lui: "Certains agriculteurs ont pu replanter des cultures protéiques pour pouvoir faire une récolte avant l’hiver car la sécheresse de la fin juin a causé de grandes pertes au niveau des fourrages, l’herbe n’a pas poussé et les stocks sont minces".

Ces déplacements de saison seront-ils plus fréquents ?

Difficile de le dire car l’échelle du climat se compte en dizaines d’années, mais le curseur des saisons a tendance à se modifier et cela peut entraîner des problèmes.

Si les bourgeons et les fleurs arrivent trop vite par rapport à la naissance des abeilles, la pollinisation ne se fera pas.

Un printemps précoce peut aussi perturber les oiseaux migrateurs, guidés grâce à la longueur du jour, ils arriveront peut-être trop tard par rapport à l’éclosion des plantes ou des insectes qui auront eu lieu à cause de la douceur des températures.

En 1970, les premières vendanges du 25 août étaient exceptionnelles, aujourd’hui elles se répètent presque tous les ans.

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