Burn-out : comment arrêter la spirale à temps?

Burn-out : comment arrêter la spirale à temps ?
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Le burn-out est-il suffisamment pris au sérieux par les autorités ? La ministre de la santé, Maggie De Block, a annoncé un projet pilote pour éviter le pire aux travailleurs près à basculer. Est-ce une solution efficace ? Pour en débattre, Soir Première a reçu Isabelle Hansez, professeur de psychologie du travail à l'Université de Liège, ainsi qu’Anne Everard, auteur du livre "Guide du burn-out".

Maggie De Block a annoncé débloquer un budget de 2,5 millions d’euros pour ce projet pilote. L’idée est d’offrir un accompagnement pluridisciplinaire aux travailleurs menacés.

Isabelle Hansez travaille sur le projet avec la ministre, et elle explique que la prévention est primordiale: "Il y a certains signes annonciateurs. L’idée, c’est de miser la prévention secondaire, auprès de personnes qui sont toujours au travail, mais qui manifestent ces premiers signes. Parfois, elles s’absentent une semaine ou deux, on voit qu’il y a des signes d’épuisement émotionnel et physique. Il faut intervenir avant que la personne ne passe en arrêt maladie longue durée".

Anne Everard appuie elle aussi l’importance de la prévention. Et pour cause, elle a elle-même souffert d’un burn-out, qui s’est déclenché du jour au lendemain : "J’avais tous les signes annonciateurs du burn-out, mais je n’avais aucune idée que c’étaient des signes annonciateurs. L’un d’eux, c’est une douleur physique. Moi, j’ai commencé à avoir mal au bras. Et puis, il y a l’insomnie. Enfin, un mois avant mon burn-out, j’ai commencé à avoir des changements d’humeur. Ce sont les trois grands signes".

Comment éviter le basculement?

Une fois ces signes perçus, comment aider concrètement une personne à éviter le pire ? Comme l’explique Isabelle Hansez, le projet pilote propose une approche mixte, qui combine une approche organisationnelle, qui touche aux conditions de travail, et une approche plus individuelle : "La personne va pouvoir bénéficier de 7 à 17 séances à travers plusieurs modules".

Un accompagnement personnel, mais aussi un autre management

Concrètement, le suivi des travailleurs menacés de burn-out est une étape nécessaire pour limiter les risques. Mais on peut également se poser des questions, de manière plus globale, sur l’influence du modèle sociétal sur la multiplication des burn-out.

"On est face à une intensification du travail, explique Isabelle Hansez. Et je voudrais insister sur l’évolution fulgurante des pratiques managériales. Aujourd’hui, il faudrait restaurer dans les entreprises un management de proximité. Beaucoup de superviseurs sont soumis à des réunions aigues, à une sorte de réunonite, qui les éloignent de leur terrain. Or c’est plus beaucoup plus porteur s’il peut collaborer avec son équipe".

Un défi de taille, mais qui pourrait donc, aussi, participer à l’épanouissement du personnel pour réduire les burn-out.

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