"Bullshit jobs": que faire face à des tâches vides de sens?

"Bullshit jobs": que faire face à des tâches vides de sens?
"Bullshit jobs": que faire face à des tâches vides de sens? - © Jonas Hamers - ImageGlobe

Qu’entend-on par "bullshit jobs", ou "job inutile" ? L’appellation, utilisée pour la première fois par l’anthropologue américain David Graeber, caractérise un travail qui est vécu comme étant vide de sens. Marie-Pierre Preud’homme, consultante et coach en bien-être du travail, témoigne d’une augmentation de travailleurs en questionnement quant à leur activité professionnelle.

Il existe plusieurs types de situation qui peuvent contribuer à une perte de sens au travail. Marie-Pierre Preud’homme en cite trois : "Il y a par exemple le fait d’avoir un travail qui va à l’encontre de ses valeurs. Imaginons quelqu’un qui travaille dans la réinsertion socioprofessionnelle, par volonté d’être acteur à ce niveau-là. Si elle se rend compte, une fois mise au travail, que la seule préoccupation est une rentabilité financière, cela va susciter une remise en question". Cette logique peut même aller un cran plus loin, s’il est question d’utiliser ses compétences à des fins nuisibles ou délétères : "C’est par exemple le cas d’un ingénieur qui va concevoir des produits avec une obsolescence programmée".

"Une troisième situation, poursuit la coach, est l’absence de feedback des bénéficiaires, des utilisateurs finaux ou de la hiérarchie par rapport à son travail. Ou pire encore, un travail non utilisé. Il y a aussi le fait d’avoir des tâches qui sont très éloignées de la mission de la personne, qui ne voit plus le lien entre ce qu’elle fait et la mission première".

D’après son expérience, Marie-Pierre Preud’homme estime que de plus en plus de personnes sont touchées par ces symptômes : "On vient me voir pour ces problèmes de déshumanisation. Elles disent que ce qu’elles font ne les font plus sentir être une personne actrice pour les autres. On parle aussi de brown-out. Elles sombrent alors dans des dépressions, et ont même parfois des idées suicidaires".

Comment sortir du brown-out ?

Que peut-on mettre en place pour retrouver une motivation au travail, et une sensation d’utilité ? Pour Marie-Pierre Preud’homme, il faut avant tout oser regarder la réalité en face : "Il faut se poser la question : si j’arrête de travailler demain, est-ce que quelqu’un sera malheureux ou privé de quelque chose ? Autrement dit, est-ce que j’amène quelque chose à la société ? Si la réponse est non, l’étape suivante est de requestionner ses valeurs".

L’objectif est donc de redéfinir ce qui est réellement important. "Aller trouver la DRH peut faire partie de la démarche, explique la coach, et pourquoi pas se mettre en chemin pour un bilan professionnel et certainement une réorientation professionnelle. Je pense qu’il faut oser le faire tant qu’on a des forces et avant qu’il ne soit trop tard".

 

 

 

 

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