Bulle de 5 personnes : "c’est une indication, mais le message essentiel, c’est qu’il faut réduire ses contacts", rappelle Sophie Wilmès

C’est la rentrée pour tout le monde, y compris pour le gouvernement. Rentrée médiatique, pour la Première ministre Sophie Wilmès, invitée de Thomas Gadisseux dans Matin Première ce lundi. Elle y a notamment évoqué l’avenir de son gouvernement, qui demandera à nouveau la confiance du Parlement le 17 septembre prochain, mais aussi la situation de la pandémie de covid-19 en Belgique, ainsi que la relance économique qui devra se faire après des mois difficiles.

Près de cinq mois après le pic de l’épidémie de covid-19 en Belgique, le relâchement semble de mise en Belgique : plus de 70% de la population avoue ne pas respecter les mesures sanitaires, à commencer par la bulle sociale de contact rapproché avec 5 personnes maximum. Ce qui fait dire à certains médecins, comme l’infectiologue Jean-Luc Gala, que cette obligation n’a pas beaucoup de sens : "elle n’est pas appliquée, pas contrôlable, pas contrôlée".

Sophie Wilmès réplique : "la bulle de 5, il faut la remettre à sa place." Et réexpliquer ce qu’elle signifie réellement : il ne s’agit pas de ne voir que cinq personnes en tout et pour tout jusqu’à la fin du mois de septembre. L’idée est de rappeler aux citoyens qu’il faut "garder en tout temps une distance de sécurité", même avec ses proches.


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"Mais ce n’est pas simple, nous sommes des êtres humains qui avons besoin de se rapprocher les uns des autres, de se toucher", note Sophie Wilmès. Alors, l’exception est possible pour cinq personnes. "Le cinq, c’est une indication, note la Première ministre, qui dit ne pas très bien comprendre la "réaction épidermique" de Jean-Luc Gala. Il passe à côté du message essentiel : limiter le nombre de vos contacts, et avec vos contacts, gardez vos distances de sécurité, portez un masque."

Sophie Wilmès admet que la mesure a "ses qualités et ses défauts", mais rappelle qu’il va falloir "inscrire le développement de notre société dans le long terme", sans "se tromper de débat, de combat". Mais ces mesures sont-elles tenables jusqu’à la fin du mois de septembre, sans CNS prévu d’ici là ? "Il y a les retours de vacances, la rentrée scolaire qui va multiplier les contacts", note la Première ministre. A cinq, dix ou sept, la bulle va donc durer. "Ce qui doit prédominer, c’est la compréhension que ce virus se transmet quand vous êtes proche de quelqu’un, que vous ne le protégez pas et qu’il ne vous protège pas", résume Sophie Wilmès.

"Gestion du risque", et non plus "gestion de crise"

Dans une carte blanche, plusieurs personnalités académiques et de la société civile ont réclamé l’avis de nouveaux experts, critiquant la gestion de la crise jusque-là et demandant de repenser les groupes de travail. "Il ne faut pas faire de mauvais procès aux experts qui ont travaillé avec nous, rétorque Sophie Wilmès. On était dans une crise sanitaire aiguë, on l’a gérée de cette manière-là, cette crise est beaucoup plus légère que précédemment." La dynamique est donc de la "gestion du risque", et non plus de "gestion de crise", dit Sophie Wilmès. "Ce n’est donc pas anormal que nous changions", note-t-elle.

Dénonçant une "cabale contre les experts", elle rappelle que le Celeval, comme le GEES auparavant, est composé de personnes de différents horizons : santé, sécurité économie, psychologie, etc. Elle admet qu’il "doit aussi y avoir un groupe plus large de rencontres scientifiques, pour qu’il y ait un consensus qui se dégage."

Le plus important : "que chacun reste à sa place, les experts conseillent, le politique décide", affirme-t-elle. Selon Sophie Wilmès, un détail rend sans doute les choses compliquées à gérer : la multiplication des voix contraires. "Le débat public, c’est très sain, mais lorsqu’on essaie de faire passer un message, c’est plus difficile", conclut-elle.

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