Bulle de 1 à l'intérieur, bulle de 4 à l'extérieur: ce qu'il faudrait revoir ou pas selon les experts

Et si le verrou que représente la bulle de 1 sera la vraie question du Comité de concertation qui se tient ce vendredi ? C’est ce que pensent plusieurs experts dont Marius Gilbert, l’épidémiologiste de l’ULB.

Le débat fait beaucoup parler notamment depuis la sortie du coprésident d’Ecolo Jean-Marc Nollet. Il l’a dit sur nos antennes ce mercredi matin : "Non", il ne respecte plus, depuis plusieurs semaines, cette mesure imposée aux Belges dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus. Bien que représentant d’un des partis ayant validé la décision, Jean-Marc Nollet admet ouvertement rejoindre ce que font déjà de nombreux citoyens, lassés par la poursuite des mesures de confinement.

Relâchement

Pour Marius Gilbert, qui s’est expliqué dans Le Soir, "qu’une bulle aussi stricte soit devenue inadaptée, c’est une vraie question à poser lors du prochain Codeco". Il rappelle le besoin de libération "très légitime" de part de la population. Mais voilà, "si la bulle d’une personne semble disproportionnée – à titre personnel, je pense depuis le début qu’elle est irréaliste parce que trop contraignante –, elle donne un cadre et fait partie d’un ensemble de mesures."

Comprenez : si une mesure aussi impopulaire et limitante existe, elle doit être respectée. Pourquoi ? "On a déjà vu que quand on relâche un certain nombre de choses, c’est perçu comme un signe d’assouplissement généralisé." Ce que ne souhaite pas l’expert interrogé par nos confrères.

Fin septembre, avant le deuxième confinement, la bulle était fixée à cinq personnes. A l’époque, pour Emmanuel André, médecin microbiologiste à l’hôpital UZ Leuven, indiquait dans l’Echo que "le chiffre de la bulle sert en réalité à signifier aux gens le degré d’effort qu’il va falloir produire pour atteindre tel ou tel objectif ainsi que pour éviter que les gens ne se retrouvent dans des situations où ils ne seront pas en mesure de respecter les règles sanitaires".

Aujourd’hui, pas question pour ce dernier de dire autre chose. "Dire que les règles ne sont plus nécessaires", avance-t-il dans Le Soir, "c’est une erreur. Il faut aborder les choses avec finesse et faire confiance à la population, qui est aujourd’hui bien informée de la nécessité des gestes barrières. Comme un médecin donne des conseils mais pas des ordres, on peut inviter les gens à adapter leurs comportements en se réunissant plutôt dehors, en se tenant à distance, en évitant de trop mélanger les bulles…"

Un moment charnière

Pour Yves Coppieters, médecin épidémiologiste, professeur de santé publique à l’Ecole de santé publique de l’ULB, le Codeco de ce vendredi est à un "moment charnière", selon ses mots. La réunion de vendredi entre gouvernement fédéral et entités fédérées devra trouver un équilibre entre "une situation épidémique qui s’aggrave, ce que les Belges peuvent accepter, un peu d’ouverture structurée pour les jeunes et du testing qui devrait augmenter un max pour stopper les variants".

Est-ce que les mesures finalement, n’ont pas été trop nombreuses et trop liberticides, alors que le système de santé, que les autorités ont voulu préserver, n’a pas craqué ? Comme expliqué mercredi soir dans QR, la nouvelle émission de débat de la Une, c’est une vraie question.

Pour Marius Gilbert, présent sur le plateau, "il faudrait poser la question à une personne qui a travaillé dans ces circonstances-là. Ils ont peut-être tenu le coup. Mais ils ont encaissé. Il faut aussi rappeler que la mortalité (NDLR : environ 22.000 décès) rapporté à notre population est l’une des plus élevées au monde." Selon l’expert, celle-ci aurait été "encore plus importante si les mesures n’avaient pas été prises".

Une bulle de 8 à l’extérieur ?

Bulle de 1 à l’intérieur, bulle de 4 à l’extérieur avec respect des distances et port du masque. Pour Yves Van Laethem, le porte-parole du Centre de crise, revoir les normes de la bulle intérieure n’apporterait rien de neuf. Dans la DH de ce jeudi, celui-ci développe : "À l’intérieur, je vois très mal un changement de cap et ça va à l’encontre de ce que les recommandations avancent actuellement […]. Élargir la bulle intérieure est encore un peu prématuré, il faudra faire un point d’ici quelques semaines."

Les contours de la bulle extérieure, en revanche, pourraient être adaptés avec un passage à huit personnes, souffle l’expert. "C’est le seul endroit où on pourrait le faire", dit-il dans la DH. "Le risque est beaucoup plus faible à l’extérieur. C’est donc une piste étudiée mais qui n’est pas encore proposée. C’est une option beaucoup plus digérable d’un point de vue épidémiologique et ça ne ferait qu’avaliser ce que les gens font."

Le virologue de la KULeuven Marc Van Ranst ne dit pas autre chose. Cette proposition, il l'a émise également dans la presse néerlandophone. Dans Het Laatste Nieuws, il précise qu’un "tel assouplissement, pour de nombreuses personnes, serait important. Et tant que cela a lieu en extérieur, le risque n’est pas très élevé. On peut évidemment toujours être infecté, mais le risque est plus faible, parce que la dilution des particules est plus importante."

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