Buizingen: des images de la RTBF interpellent sur un feu potentiellement défaillant

Quatre experts ont été appelés à la barre dans le cadre du procès de Buizingen ce mardi. L’essentiel du débat s’est concentré autour du fait de savoir si le feu était vert ou rouge. Sauf que la question, simple en apparence, s’est révélée bien plus compliquée que cela.

Une histoire de feux jaunes

La signalisation ferroviaire est bien différente de celle de la route. Sur son trajet, le conducteur de train reçoit d’abord un signal dit « double jaune ». Ces feux indiquent un feu rouge, donc un signal d’arrêt, plus tard en cours de route.

« Ici, la particularité, c’est que le conducteur était arrêté dans une gare entre le signal double jaune et le rouge, prévient Laurent Kennes, l’avocat d’Infrabel. Et s’il s’arrête à la gare, il risque d’oublier ce double jaune précédent. C’est ce qui est mis en avant par les experts avec les différentes questions qui se posent autour de cela. »

Les discussions ont donc pris beaucoup de temps, sans parvenir à établir une réponse claire. L’enjeu n’est pas de savoir uniquement si ce signal était bien rouge ou vert, « mais si Infrabel et la SNCB auraient pu prévoir d’autres moyens matériels de protection, à cet endroit-là en 2010 », a expliqué Me Kennes.

Des images interpellantes

L’avocat du conducteur de train de Buizingen, Me Antoine Chômé, a présenté un nouvel élément pour contredire le rapport des experts.

Les experts affirment que le conducteur a grillé un feu rouge, ce qui a causé l’accident ferroviaire. Or, selon l’avocat, qui se base sur des images de la RTBF, le feu serait défaillant. Lorsqu’un train se trouve sur un tronçon de voie, le feu qu’il vient de franchir doit passer au rouge. Mais des images diffusées le 20 février, soit cinq jours après la catastrophe, montrent le contraire. Des trains accidentés sont encore sur les voies, mais le feu est bel et bien vert, et non pas rouge. C’est ce que l’on peut constater vers une minute et 44 secondes :

Une preuve de la défaillance du feu selon l’avocat du conducteur : « Nous avons pu mettre en évidence que, selon leurs explications, le système de gestion du trafic de la SNCB rend impossible l’existence d’un feu de couleur verte si un train se situe en aval de celui-ci. Nous avons pu produire des images de la RTBF qui constatent de manière indiscutable que malgré la présence du train explosé, le feu est bien vert en réalité », a-t-il établi.

En raison de l’absence d’un dernier expert, la suite des débats a été reportée à ce mardi 26 février.

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