Buizingen: la présence de la SNCB perturbe la cérémonie d'hommage

La présence de Marc Descheemaeker a perturbé la cérémonie d'hommage aux victimes.
La présence de Marc Descheemaeker a perturbé la cérémonie d'hommage aux victimes. - © Capture d'écran RTBF

Deux ans après la catastrophe ferroviaire de Buizingen, une commémoration officielle avait lieu ce samedi sur les lieux de l'accident. Les familles avaient déjà rendu un premier hommage aux victimes mercredi. Aujourd'hui, les gouverneurs de provinces étaient présents. Certains dirigeants de la SNCB aussi. Ce qui a créé un certain malaise dans cette émouvante cérémonie.

Les familles des victimes et les survivants sont venus en nombres à cette cérémonie officielle. Cet hommage était organisé ce samedi matin par la ville de Halle et les gouverneurs du Brabant flamand et du Hainaut.

"L'organisation de ceci, c'est avant tout un devoir de mémoire", indique Claude Durieux, gouverneur de la province du Hainaut. "Nous continuons à encadrer les familles psychologiquement dans des locaux provinciaux et dans ce cadre-là, nous ne savons qu'être à leurs côtés pour supporter leur peine."

Un hommage pour se souvenir, pour exprimer sa peine aussi. Pour les familles, cette cérémonie officielle est tout de même importante. "C'est bien, ça nous permet de remarquer que nos disparus ont tout de même un certain impact sur les autorités", confie Claude Mazure, père d'une victime. "Cela met un peu de baume au cœur mais pas plus."

"Toujours à leur poste, aucune sanction"

Pas plus car à côté de l'émotion, certains exprimaient aussi leur colère. "On avait souhaité qu'il ne soit pas là. Il vient rendre hommage à ceux qu'il a tués. C'est incompréhensible", glisse Marcel Leblanc, père d'une autre victime de la catastrophe.

"Il", c'est Marc Descheemaecker, le patron de la SNCB.  Sa présence a créé un malaise parmi les proches de victimes.

"Je pense que toutes les familles sont en colère", réagit Genviève Isaac, parente de victime. "Elles sont en colère car on a des personnes qui sont là, qui sont toujours à leur poste, qui n'ont eu aucune sanction, qui n'ont même pas eu un minimum d'empathie à notre égard au moment de l'accident."

"Je comprends", répond Marc Descheemaecker, administrateur délégué de la SNCB. "Ils ont perdu énormément. Et ils veulent une réponse à une question: 'Que s'est-il réellement passé?' Et moi, je veux aussi une réponse à cette question-là."

PIAB, avec Aurélie Fogli

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