Buizingen: 5 ans après, retour sur la catastrophe ferroviaire

Buizingen: 5 ans après, retour sur le catastrophe ferroviaire
Buizingen: 5 ans après, retour sur le catastrophe ferroviaire - © JULIEN WARNAND - BELGAIMAGE

Il y cinq ans jour pour jour ce dimanche, deux trains entraient en collision à hauteur de Buizingen. Bilan : 19 morts et 162 blessés. Qu’est-ce qui a bien pu provoquer cet accident ? Aujourd’hui, la SNCB et le gestionnaire de réseau Infrabel sont pointés du doigt, mais les conclusions de l’enquête ne sont cependant toujours pas établies. Retour sur les faits.

15/02/2010 : Il est 8h30, heure de pointe, lorsque deux trains entrent en collision à la sortie de Hal. Le premier vient de Quiévrain, l’autre de Louvain. Un choc d’une rare violence. Des rescapés "miraculés" racontent l’horreur pendant que les secours, sur place après 10 minutes, sortent des carcasses des trains des blessés graves et légers. 

15/02/2010 : A Buizingen, petite localité toute proche de Hal où a eu lieu le drame, c’est la stupéfaction. Le centre sportif de la ville est transformé en hôpital. Les blessés graves sont envoyés dans différents hôpitaux, les blessés plus légers quant à eux, sont soignés sur place. On dénombre environ 18 morts. Une instruction pour homicide involontaire est ouverte.

15/02/2010 : Les boîtes noires des deux trains ont été retrouvées, elles doivent permettre au juge d’instruction et aux experts de retrouver un certain nombre de données concernant la vitesse et l’état des feux. Deux types de collèges d’experts sont désignés : un collège médico-légal et un collège d’expertise ferroviaire. C’est le début d’une longue enquête.

19/10/2010 : "Il y a eu trop peu d’argent injecté dans le rail et la SNCB n’a pas fait de la sécurité sa priorité", relate le rapport des experts. Et c’est toute l’organisation de la SNCB qui est pointée du doigt huit mois après les faits. Les experts affirment entre autres que le système de freinage n’a jamais bien fonctionné. Le rapport pose la question de savoir "pourquoi la SNCB n’a jamais acheté les systèmes de freinage adéquats qui existaient déjà sur le marché étranger".

14/02/2011 : L’accident est-t-il dû à une erreur humaine, à une défaillance technique ou les deux à la fois ? La justice examine toujours tous les paramètres. Au lendemain de la catastrophe, la SNCB relevait une faute de la part du conducteur du train venant de Louvain : il "aurait franchi le signal H-E.1 alors qu’il était rouge". Un an plus tard, le conducteur garde le silence et est défendu par son organisation syndicale. Selon elle, le conducteur du train en gare de Buizingen aurait vu un signal lui donnant le feu vert. La justice a saisi les bandes d’enregistrement des vitesses du train pour vérifier ses dires. Pas suffisant pour le mouvement syndical qui, de son côté, avance des problèmes techniques. 

25/07/2013 : Depuis l’accident et le rapport des experts, les systèmes de freinage ont été multipliés sur le réseau. Sur les lignes à grande vitesse, un système empêche les conducteurs de train de dépasser la vitesse autorisée. Sur les autres parties du réseau, un système permet automatiquement de freiner un train qui arrive à moins de 300 mètres d’un feu rouge et qui roule à plus de 40km/h. Un système qui ne saurait cependant pas contrôler toutes les erreurs et imprudences humaines.

09/02/2014 : Quatre ans après l’accident, les familles des victimes attendent toujours les conclusions de l’enquête pour déterminer les causes. Le collectif de victimes de Buizingen s’impatiente.

En septembre 2014, Infrabel et la SNCB ont été inculpés dans le dossier concernant la catastrophe. L’enquête n’est pas pour autant terminée. On ignore encore la position du Procureur du Roi par rapport aux deux sociétés publiques.

Aujourd'hui encore, les familles des victimes sont sans réponse et soulignent une nouvelle fois la lenteur du processus judiciaire.

RTBF

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