Bruxelles veut se débarrasser des grosses voitures

Les modèles de voitures SUV ne seront bientôt plus les bienvenus en Région Bruxelloise. Ces modèles qualifiés de 4X4 urbain devraient être plus taxés que les autres véhicules. Actuellement, la taxe de mise en circulation est fédérale mais en janvier prochain ce ne sera plus le cas, raison pour laquelle la Région bruxelloise va adapter sa politique.

C’est la suite logique de la déclaration de politique générale du gouvernement bruxellois. Dans le texte il est question de dissuader l’achat de véhicules non adaptés aux déplacements en milieu urbain.

Les SUV, Sport Utility Vehicle, littéralement des véhicules utilitaires sportifs, sont clairement dans la ligne de mire. Véritable phénomène de mode, 4 voitures sur 10 vendues en Belgique sont des SUV. Une tendance impulsée par les grands constructeurs à l’échelle mondiale qui, selon l’Agence Internationale de l’énergie, a pour résultat de neutraliser tous les gains obtenus par la vente des voitures électriques.

Jusqu’ici le montant de la taxe de mise en circulation repose essentiellement sur la puissance du véhicule et le carburant utilisé. Mais à l’avenir d’autres paramètres vont intervenir comme le niveau de pollution mais aussi la taille des véhicules.

Plus dangereux pour les usagers faibles

Pour Damien Ernst, professeur spécialisé en matière d’énergie, certains modèles de voitures sont clairement moins adaptés à la Ville. "C’est très clairement un véhicule de grande taille qui prend beaucoup de place sur l’espace public", décrit-il.

"C’est aussi un véhicule polluant qui émet des NOx, du CO2 et des particules fines. Clairement, on voit que cette législation du gouvernement bruxellois vise les SUV. Des modèles qui sont dangereux pour les piétons et les cyclistes car le point d’impact est beaucoup plus haut qu’avec une voiture. C’est donc beaucoup plus dangereux pour les usagers faibles."

Manque d’harmonie dans les politiques

Du côté des constructeurs, ils ne sont pas contre l’idée de mettre en place des politiques pour le climat… mais attention à ne pas rendre fou le conducteur en changeant de mesures sans arrêt. C’est ce qu’explique Jean-Marc Ponteville, porte-parole D’Ietren (Volkswagen et Audi). "Le problème que l’on ressent très fort, notamment au moment du salon de l’auto, c’est que le client ne sait plus quoi faire. Les taxes ne sont pas stables dans le temps ni harmonisées. En tant que consommateur, ça freine les décisions d’achat. Ça freine le marché."

Pour lui, les objectifs doivent être clarifiés et adaptés en fonction de la réalité de chacun. "Si le but est de diminuer les émissions, taxer les voitures polluantes me semble logique. Ceci dit, il y a des limites à ce raisonnement. Chacun choisit une voiture adaptée à ses besoins. Une famille nombreuse aura une plus grande voiture et forcément, consommera plus. Les gens n’ont donc pas toujours l’opportunité de choisir une voiture qui sera la plus avantageuse fiscalement."
 

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